Le démon habite en face (2010)

Trois semaines.

Trois semaines qu’elle est arrivée.

Trois semaines d’enfer sans répit. Je suis dans mon salon, les volets tirés, et je me demande ce que je vais bien pouvoir faire. Tant qu’elle pense que je dors, tout va bien, elle ne tentera rien. Mais que faire ? Même pas une arme sous la main…

Quoique.

De toutes façons, une arme classique sera-t-elle de la moindre utilité ? Cette vacherie doit être immunisée contre l’eau bénite, en plus. Et puis, et puis…peut-être qu’elle n’est pas chrétienne, alors du coup, tout ça, elle s’en fout ! Sa porte d’entrée claque. Elle s’en va au travail. Bien, je vais pouvoir y aller. Douche rapide, et je fonce vers le métro, un croissant dans la bouche.

Je ne sais quoi penser.

Sa longue chevelure noire est un piège, un piège mortel, c’est évident. Bien évidemment, elle a su me prendre à mes propres faiblesses. Elle rayonne dans le rouge. Pour m’exciter et me paralyser, tout à la fois.

La journée s’écoule comme un programme télévisé régional sur la production de chaises en paille de bambou camarguais ; ça avance mine de rien, sans qu’on y prête attention.

Son image m’obsède.

La tête rejetée en arrière, les jambes écartées, elle expose son impudeur ruisselante. Ses doigts s’amusent avec la promesse poisseuse qu’elle a tacitement formulée. Que m’est-il arrivé ? Comment ai-je fini de cette façon ? Le bruit de son souffle haché résonne dans mes oreilles, au milieu des bruits de clavier des opératrices de saisie. Suzy, à l’évidence, se demande ce que j’ai dans la tête. Non, tiens-toi à l’écart de tout ça, jolie petite. C’est une affaire assez glauque, et ton décolleté à peine sorti de l’adolescence n’y changera rien. L’espace d’un instant, je crois reconnaître son parfum au milieu des odeurs de transpiration, d’eau de toilette bon marché et de café. Merde. Les liasses arrivent. Dispatcher le travail, et vite. Je dois ressembler à un zombie.

Comme lorsque j’ai plongé entre ses jambes, sans vraiment y penser, ni comprendre ce que j’étais en train de faire.

L’heure de la sortie, moment célébré, comme à l’école. Putain, c’est pas dommage. Sur le clavier de Suzy, son gobelet de café, taché de rouge à lèvres.

Comme le verre de jack que je lui avais servi, à elle. La voisine.

Je l’ai gardé tel quel, des jours durant. Le voir, le toucher me procurait des sensations que je n’avais jamais connues auparavant. Quelle horreur. Si elle a ce pouvoir, combien d’autres en a-t-elle ? En rentrant, je fais un crochet par Saint Michel. Je vais me chercher de la documentation. Démons, démonologie. Rituels de protection, magie blanche.

Une semaine pleine de salaire claquée en bouquins. Tant pis, l’enjeu est trop monstrueux. Une fois rentré chez moi, je m’efforcerai de dissimuler mes achats. Pas question qu’elle soupçonne quoi que ce soit si nous nous croisons dans l’escalier. C’est jouable, elle ne rentre pas avant un moment, en général, j’entends toujours sa porte lorsque je suis en train de me préparer à manger.

Comme par hasard !

Un incident sur la ligne interrompt entièrement le trafic. Pas besoin de chercher bien loin la responsable de tout ça. Qui me dit qu’il y a vraiment un type qui s’est jeté sous les roues du métro ? D’ailleurs, qui de sensé le ferait ? Chaque fois qu’un incident de ce type arrive, c’est forcément elle. Qui d’autre ? Elle doit utiliser les mêmes recettes, chaque fois qu’elle change de proie.

Pourquoi moi ?

Je sors du métro, le nez empli de ses effluves. Je suis comme ivre, et marche vers chez moi sans y penser. Les quais de la Mégisserie seraient vides, que ce serait la même chose. Tout mon corps ses souvient, du bout de mes doigts à la pointe de ma langue.

Rayonnement rouge, chaleur.

Ses yeux inquiétants à la fin des hostilités, comme le méchant au cinéma qui triomphe. Son sourire a dévoilé des dents trop parfaites.

Tout était de toutes façons bien trop parfait. Les démons sont là pour nous tourmenter, c’est bien connu. Mais pourquoi moi ? Pourquoi ce choix ?

Pourquoi prendre l’apparence d’une si belle femme ?

Arrivé en bas de chez moi, je ne vois nulle part sa voiture. Parfait. Elle est sans doute encore au travail. Ou pas. C’est vrai. Pourquoi travaillerait-elle ? Ce n’est forcément qu’une couverture ! Si ça se trouve, elle se gare quelque part, plus loin, et attend de me voir passer pour aviser. Ou bien elle se dématérialise. Sans doute connaît-elle déjà les moindres recoins de mon appartement.

Je monte les escaliers le plus normalement possible, saluant le plus naturellement du monde le couple de petits vieux du deuxième. Qui sait s’ils ne sont pas de mèche ? Arrivé devant ma porte, une inquiétude m’étreint. Un malaise quasiment tangible. La sensation d’être observé. Depuis chez elle, sa porte étant juste en face de la mienne. Une sorte de picotement sur la nuque. Mais à mesure que j’approche ma clé de la serrure, sa présence devient de plus en plus prégnante.

Elle est là. Peut-être à deux mètres derrière la porte.

Elle me voit peut-être à travers le judas.

Je pousse la porte. Il fait sombre, mais a-t-elle besoin de lumière ? Son domaine, c’est les ténèbres ! Je hume, mais rien. Pas de trace de son parfum, ou de son shampoing. Rien. Elle a effacé toutes ses traces. Je rentre promptement chez moi, ferme verrou et serrure.

Je pose mes livres sur le meuble à chaussures, et commence à investiguer méthodiquement mon appartement, à la recherche d’une anomalie.

Rien. Enfin, rien de frappant. Impossible de me souvenir d’une telle multitude de détails. Rien à part quelque chose d’extrêmement curieux. Les couverts. Parmi les couverts que j’ai laissés à sécher, un couteau traîne au milieu des fourchettes. Putain, pourquoi elle a fait ça ? Inattention ? Non, il y a forcément un message. Qu’a-t-elle voulu me dire ?

Un grand BLANG dans l’entrée me tire de mes réflexions. Je me précipite. Les livres sont tombés. Je me précipite au judas : rien. Le pallier est calme. Comme si elle n’était pas là. Mais c’est faux. Je la sens, grinçante et ironique.

Les livres.

Il faut que je les lise. Décortiquer tout ça, trouver une parade. Car il y a forcément une parade.

Difficile de se concentrer, depuis combien de temps n’ai-je pas dormi ? Deux jours ? Trois ? Une semaine ? Non, impossible. On devient fou bien avant. Je file un instant dans ma salle de bains pour m’asperger la figure, et je me fais peur en relevant les yeux. Ce zombie pâle et hagard, c’est moi. J’ai la tremblote. Comme quand…

Ho putain, comment est-ce que ça a pu arriver ? Elle a réussi à m’attirer en son sein, c’était bon, meilleur que ce que j’ai pu connaître à présent. Je tremblais comme ça, voire plus encore, alors que je la pénétrais.

Oublie ça, bon sang, oublie.

Je me replonge dans ma lecture, dans le salon. Café noir, tenir encore.

Difficile de comprendre une phrase en entier sans être obligé de la relire plusieurs fois. Les démons ont pour principale vocation de tourmenter les mortels, en se jouant de leurs faiblesses : cupidité, orgueil, luxure, les sept péchés capitaux sont méthodiquement passés en revue. Ils peuvent prendre les formes qu’ils souhaitent, de la plus abjecte à la plus séduisante. Ses jambes autour de ma taille, ses gémissements qui montent. Les succubes sont des démons femelles qui prennent habituellement la forme d’une femme désirable. Sans blague ? S’ensuit toute la description de divers rituels magiques, dont aucun ne peut être réalisé avec les moyens dont je dispose. Sa bouche m’avale en entier, sa langue menant une chorégraphie incroyable autour de mon sexe. Encore et encore, plus vite, plus intensément. Il est possible de se préserver de l’influence d’un démon de ce genre en traçant divers symboles sur les murs de chaque pièce de sa maison. J’observe les motifs.

Un gros marqueur rouge. Celui de la réunion. Il marchera, sur le papier peint. Les motifs sont complexes, entremêlant courbes et circonvolutions. Ses longues jambes gainées de bas paressent sur mon canapé. Elle me regarde avec avidité. Sa robe rouge souligne sa silhouette infernale. Sa bouche s’entrouvre, pleine de promesses. La cuisine, la chambre, la salle de bains, les toilettes, le salon.

Bientôt huit heures.

Je range le marqueur dans un tiroir lorsque j’entends un claquement sinistre.

Sa porte.

Elle est donc rentrée.

Ou plutôt, elle fait mine de. Sans doute a-t-elle observé mon manège, ou bien a-t-elle essayé de se matérialiser chez moi, et bat en retraite devant les symboles tracés.

Je me verse un fond de whisky, et m’affale dans mon canapé. Voilà un répit bienvenu. Cependant, la question de fond n’est pas réglée. Dehors, je ne suis pas en sécurité. Je sursaute en entendant sa voix lancer un « Prends-moi. » trop mal assuré pour être honnête. Je me retourne vers la porte de la chambre. Elle se tient debout, simplement revêtue de sa chemise. Son regard est vide, vide comme celui d’une morte. Mon sang ne fait qu’un tour : comment est-elle arrivée là ? Je cligne des yeux : plus là. Comme par hasard.

Elle ne peut pas m’atteindre directement, alors elle tente de m’embrouiller. Ses pouvoirs sont grands. C’est sur, j’ai affaire à une succube.

Je poursuis ma lecture, en essayant de trouver une solution. Il doit bien exister des sortes de rituels d’exorcisme, non ? Elle tend sa croupe vers moi, et vient s’offrir en holocauste sur mon sexe. Sa chaleur humide semble infinie, une autre dimension de douceur. Dans le tas, un petit format poche sans illustration semble se distinguer. Pas d’illustrations. L’auteur est un universitaire réputé, apparemment. Je sais que j’ai croisé son nom à plusieurs reprises. Mes mains se posent sur ses hanches, je deviens son chevalier, son conquérant. Jamais ce clapotis ne m’a paru si excitant. Le livre parle d’un rituel qui s’articule autour de l’immersion dans de l’eau salée. Ça semble commun à la plupart des religions. Pas besoin de grandes quantités. Je me précipite dans la cuisine : j’y ai un plein bocal de gros sel. Ça vaut le coup d’essayer.

Il faut réussir simplement à l’attirer dans la salle de bains.

Ou bien l’y emmener.

La salle de bains. Remplir la baignoire. Vite. De l’eau froide, ça coûte moins cher. J’y vide le bocal. Ça se mélangera pendant que la baignoire se remplit. Ma langue explore son sexe, et je contemple son mont de Vénus impeccablement épilé. Je sens ses cuisses trembler autour de mon cou. Elle en redemande.

Comment s’assurer qu’elle viendra dans la salle de bains ? Elle n’a aucune raison d’accepter ? Et puis elle se méfiera sûrement, en voyant la baignoire remplie…

Il faudra que je l’immobilise. En fouillant dans mon bureau, je retrouve un rouleau presque neuf de ruban adhésif, oublié là depuis mon emménagement. Je lui attacherai les poignets et les chevilles, et ce sera marre. Elle n’est pas bien grosse, je pourrai sans difficulté la traîner jusqu’à la salle de bains. La sueur lui colle quelques cheveux sur le visage. Elle est essoufflée. Pourtant, elle en redemande, par derrière, par devant, puis à nouveau par derrière. Déjà, sa bouche n’a plus de secrets pour moi.

Mon plan est fin prêt. Je me regarde dans la glace. Un brin de toilette, pour la galerie. Pour passer pour le gentil voisin qui espère la sauter. Je rince mon verre, en sors un deuxième. Un apéro, voilà un motif incroyablement banal. Comment m’assurer qu’elle viendra ? A vrai dire, j’espère qu’elle le prendra comme étant la porte ouverte à une partie de jambes en l’air. Et là, elle acceptera forcément.

Je vais à sa porte. Sonnette.

Tiens ? Elle n’est pas en rouge. Elle semble moins sexy, comme ça, après sa journée de travail. Mais finalement, diablement plus attirante. Je lui propose l’apéro. Ses joues s’empourprent un instant, et ses pupilles se dilatent. Elle a compris le message que je souhaitais, c’est plus qu’évident. Avec plaisir, lance-t-elle avec un petit sourire à la gêne millimétrée.

Elle me suit, savourant sans aucun doute son triomphe à venir. Ou en tout cas espéré.

Alors que je verse du jack dans nos verres, elle me questionne sur les signes tracés sur les murs. Merde, les dessins !

Trouver quelque chose, vite !

Elle s’étale lourdement par terre une lorsque je lui brise la bouteille de whisky sur le côté de la boîte crânienne. Elle lutte, ça se voit : sa jambe droite tremble continuellement alors que je lui retire ses vêtements. Elle doit chercher à reprendre conscience. Je remarque qu’elle dégage une odeur d’après le boulot, mélange de sueur, de déodorant en bout de course et de tabac froid. L’espace d’un instant, la vision de son corps nu me paralyse.

Du bout des doigts, je fais crisser sa repousse légère. Elle n’a pas pris soin d’elle, pas bien, ça. Je lèche sa peau salée en songeant que j’ai triomphé de cette salope. Si facilement. Cette idée de l’avoir à ma merci, rien que pour moi, m’excite. Je me débarrasse rapidement de mon pantalon et de mon caleçon, et la pénètre en vitesse, sauvagement. Elle à moi, et à personne d’autre. Coups de reins acharnés.

En sueur, je roule à côté d’elle après avoir joui et répandu mon sperme sur son visage. Sa jambe tremble encore. Ma main touche quelque chose de glissant et froid. Du sang. Qui s’écoule de sa tête. Tu essaies de me faire culpabiliser, salope ? Je me relève, et l’entraîne dans la baignoire.

C’est plus difficile que je ne l’aurais cru, mais j’y parviens, au bout d’une bonne dizaine de minutes. Je n’avais pas calculé que la plonger dans la baignoire ferait autant monter le niveau. J’en mets partout.

L’eau se teinte de rose au dessus de sa tête. Elle s’agit un moment. Je me dis que j’aurais quand même mieux fait de lui attacher ne serait-ce que les mains. Bah, elle n’a pas l’air bien vivace. Je la maintiens sous l’eau sans grand effort. En quelques instants, c’est terminé.

Je la contemple encore un moment, puis la sors et l’essuie avec ma grande serviette. Je m’extasie encore une fois sur elle, puis la transporte dans le salon, où je l’allonge délicatement sur le canapé, sous une couverture, pour qu’elle n’attrape pas froid. Sa blessure ne saigne plus. Sa jambe a cessé de trembler. Qu’est-il censé se passer, ensuite ? Je n’en ai pas la moindre idée, à vrai dire. Je suppose qu’elle va se relever, libérée de l’influence du démon.

Cela s’est passé il y a maintenant trois jours.

Je ne suis pas allé travailler. Elle non plus.

Dans nos appartements, le téléphone sonne en continu.

Elle n’a toujours pas bougé. En plus, elle commence à sentir bizarre.

Le 07/04/2010 à 8h47

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102 réflexions au sujet de « Le démon habite en face (2010) »

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  2. Le maillot jaune….n’exagerons rien. Y’a peut-être mieux, sais pas j’ai pas tout lu.
    Le maillot à pois peut-être….oups..mdr
    Mais elle se défend plutôt bien dans sa catégorie.
    Elle est horrible ? Moi j’ai rien remarqué…

      • Oui ce doit être les jurons.
        Et pour le reste…je vois qu’entre humouristes pourris on se comprend.

      • Oui.
        À ce propos, des projets pour ce soir ? Ça va grouiller de succubes et de créatures démoniaques…

      • Je viens de punaiser un enfant sur ma porte pour éloigner le mauvais oeil. J’hésite encore à passer un vieux Black Sabbath pour la tonalité, ou bien une Gloybiboulga Party pour les attirer.

      • Alors, ils ont fonctionné vos stratagèmes ?

        Moi j’ai enfourché mon balai pour rallier comme chaque année le Grand Congrès annuel de Sorcellerie. Nous avons concocté d’improbables potions et toutes sortes de philtres à l’intention des pauvres mortels…récité de mystiques incantations et jeté d’abominables sortilèges toute la nuit…c’était tout simplement divin !

        La seule fausse a été quand Malefik, fan inconditionnelle de Johnny (c’est déjà pas facile à porter) et complètement bourrée de surcroît,a cru bon pour chauffer un peu l’ambiance de se mettre à brailler à tue-tête Allumer le feu. La cata. Elle est sympa Malefik mais c’est vrai qu’elle devient lourdingue quand elle force trop sur le rosé.
        Pffff.
        Enfin bon. Heureusement le service d’ordre est intervenu et l’a évacuée avant que ça ne tourne au pugilat.

        Ah oui et concernant le pauvre petit crucifié sur votre porte…ce n’était pas la peine de sacrifier un enfant, c’est totalement inefficace.
        Quel traumatisme pour lui…j’espère au moins que vous avez fait preuve d’un peu d’humanité et que vous avez eu la bonté de l’achever.

      • D’autres s’en sont chargés pour moi: ce matin, il n’en restait plus que les pieds et les mains.

        Quant à ma soirée, elle fut tranquille au possible. Du coup, j’ai célébré ça avec une petite infusion des Pères Trappistes sans craindre pour ma réputation de grand prêtre des ténèbres.
        Et ce matin, pas de citrouille à l’horizon, pas même sur mes épaules!

    • Pas la moindre petite visite alors..
      Vos parades sont finalement diablement efficaces.
      Mince. Vous avez quand même dû vous ennuyer un peu. Peu de gens le savent et beaucoup agissent donc sous le coup d’une terreur irraisonnée mais les démons, certains en tout cas, gagnent parfois à être connus.

      • Assurément. Je pense que les récentes disparitions inexpliquées ont joué un rôle! Cela dit, ma caverne est peu engageante. Un indice de plus!

        Et, qu’importe le démon, seule compte la possession, non?

      • Oui…
        Les Évangiles d’ailleurs ne nous enseignent-ils pas que Dieu lui-même la permet parfois afin de permettre au pêcheur d’accéder à un plus grand bien ?
        Toujours suivre les Évangiles.

      • Je suis également une quiche en la matière. Je n’en retiens que quelques idées que j’interprète à ma façon…
        Mais j’ai relevé une constante : Dieu fait ce qui l’arrange et ce qui lui plaît. Bah moi aussi. Il nous a paraît-il modelé à son image, alors qu’il ne vienne pas se plaindre.
        😀

      • Mouais.
        Prenez garde cependant à l’inhospitalité de votre tanière.
        Ce sont des coups à faire fuir les mauvais esprits comme les bons.

      • Certes. Disons que ça filtre entre ceux qui sauront passer outre et les autres. Pour les importuns, il Signore Pietro Beretta est là pour s’occuper d’eux! 😀

      • Je ne doute pas de sa compétence pour régler leur sort à ceux qui auprès de vous ne se trouveraient pas en odeur de sainteté.

      • Ah.
        J’aurais pensé du JD également.
        Ou bien n’est-il réservé qu’aux prises de tête de vos narrateurs.

      • Heureusement pour vos héros !
        Y’a du bon finalement parfois à n’être un personnage : pas besoin de passer l’épreuve du supermarché la théorie remplit les placards !

      • Exactement! Les ellipses aussi permettent de faire l’impasse sur les épisodes fastdieux du quotidien.

        Après, les écrivains étant des monstres de narcissisme, quelle est la vraie part de fiction?

      • Ben narcissique ou pas, je vois bien que quand tout le rhum a été sifflé, faut bien que j’aille en racheter!!

      • Vous avez une engeance scribouillarde sous votre toit? Ou simplement des amateurs d’eau de feu?

        Oui, finalement, la théorie, c’est vraiment sympa. C’est un pays où tout va bien, me suis-je laissé dire.

      • J’abrite les deux sous mon crâne et dans mon gosier..^^

        Oui la théorie est un vrai paradis..artificiel. Peuplé de délicieuses illusions et de cruels espoirs.

      • Tant que tout reste sous contrôle… la combinaison des deux peut être fructueuse. Hemingway disait « write drunk, edit sober ». ^^

        Amusant, j’aurais repris votre dernière formule en inversant les adjectifs… ^^

      • Oui on peut intervertir. Peu importe. De toutes façons ça recouvre toujours la même vaste duperie.

      • Oui. Mais le recul encore faut-il le prendre. Pfffff. C’est du boulot ça. Or aujourd’hui c’est le jour du Seigneur, on est censé se reposer.
        Les dimanches ont toujours été un dilemme. J’ai jamais trop bien compris à quoi ça servait, un dimanche.

      • Pour moi, c’est du rechargement de batteries, après ma semaine de sacrifice pour la collectivité. Ça peut servir à d’autres choses que le CSA m’interdit de mentionner avant 22h.

      • Ah oui…ça…
        Bien longtemps que ça ne m’est pas arrivé un dimanche. Bien longtemps que ça ne m’est pas arrivé tout court d’ailleurs.

        On parle bien d’une petite partie de scrabble hein ?…:-)

      • Bah j’ai eu une seconde de doute en me disant que vous parliez peut-être de faire une bataille ou une partie de dominos.
        Et puis je me suis dit que vous étiez à mon instar trop cérébral pour ça…mdr
        De telles activités ne laissent pas de place à l’éveil des sens, à l’imaginaire fantasmé, à la satisfaction intellectuelle des plus bas instincts humains….

        Alors que le scrabble…!! 😀

      • Certes. Mais à défaut un bon oreiller peut suffire.
        Toutes façons moi je m’en fous, j’ai pas de voisins.

      • C’est clair.
        Malheureusement les circonstances parfois ne s’y prêtent pas.
        Même s’il peut également être… disons… plaisant de savoir que l’isolation phonique présente quelques lacunes..

      • J’approuve, que ce soit pour déranger le voisinage ou pour le seul plaisir de savoir que quelqu’un entend.

        Z’êtes un drôle de phénomène! 😛

      • Paraît-il.
        Et c’est bien comme ça.

        Ce sont les autres qui font ch…, qui vous font sentir que, ah là là, c’est pas bien, tu ne rentres pvaitas dans le moule, et pour ton propre bien tu ferais mieux d’y couler.
        Les concernant, Sartre avait, comme toujours, vu juste.

      • J’avais corrigé de moi-même. 😉

        Je ne peux qu’approuver. En allant plus loin, tenant les Autres (pas le film avec Kidman, hein!) pour rien de plus que ce qu’ils ne sont d’emblée pour moi: une projection mentale construite à partir de stimuli.

        De là à les considérer comme un rêve ou un délire paranoïaque…

      • Wahou…
        Et moi qui me pensais déjà bien atteinte.
        Chez vous ça relève carrément de la psychiatrie ! 🙂

      • C’est ce qu’ils m’ont dit avant de me transférer à Maisons-Alfort.

        Plus sérieusement, c’est une forme de positivisme scientifique poussé à l’extrême.

      • Et ça ne pose un problème que si les rapports humains sont une finalité ou une fatalité.

        Une fois qu’ils sont un choix… ma foi, chaque chose a son prix, mais on reste aux commandes! 🙂

      • Mais ça vous saoule, ou vous manquez de temps.

        Question qui vous paraîtra peut-être incongrue: le mot « zèbre » évoque-t-il pour vous autre chose qu’un équidé de la savane?

      • Rien ne me paraît incongru.
        Je suis maman, un zèbre pour moi c’est d’abord et avant tout un petit clown malicieux.
        Vous m’auriez dit zébré, j’aurais évoqué une nuit d’orage.

      • D’accord.
        Les Z sont pour moi des gens… « hors normes ».
        However, rien de particulièrement notable.

        Ou en est votre pèlerinage en ces pages? Avez-vous eu le temps de faire un tour exhaustif?

    • Non pas encore. Quelques lectures au gré de mes déambulations mais rien d’exhaustif.
      J’ai cependant lu quelque chose à propos de séances chez le psy, qui m’a particulièrement amusée.

      • Qu’est-ce que c’est que ces bestioles ?
        Présentement pas le temps de chercher, auriez-vous l’amabilité de me l’expliquer en quelques mots ?

      • Les Easter Eggs sont des bonus parfois dissimulés dans certaines applications (comme les œufs de Pâques dans le jardin).

        Il s’agit en l’espèce de textes que je ne peux pas me permettre de publier sur le présent blog.

      • Via mail, en PJ, par exemple.

        Mais ça se fait en sautant à cloche-pied au croisement de deux routes par une nuit de pleine lune en tenant une poule noire dans la main.

      • Hin hin…
        Sais pas alors, suis très impressionnable comme fille, ça me chagrinerait d’en perdre définitivement le sommeil.
        Mais je tâcherai de m’en souvenir lors de ma (très) prochaine mutation lycanthropique.

      • Dans la mesure où je n’ai rien de viennois, et encore moins de médical, je n’approfondirai pas la question.

        Je me réserve ces lectures pour une prochaine nuit d’insomnie sous influence.

      • Alors mettons que je n’ai rien dit du tout. Ma vie n’est pas le propos ici de toutes façons.

      • Ne vous en faites pas pour moi.
        J’ai pris ça sensiblement plus bas. Et ce ne fut même pas douloureux.

      • Oui. Il faut bien que l’expérience offre quelque avantage.

        Avez-vous déjà publié, ou envisagé de publier, certains de vos écrits ? En toute sobriété bien sûr.

      • J’ai déjà publié une nouvelle, chez un éditeur en ligne, et j’ai la caboche qui bruisse de projets.

        Je vais faire un post pour en parler, d’ailleurs, car, ça remonte à septembre.

      • Je vois. La mayonnaise a du mal à prendre. Et pas moyen de bénéficier de critiques constructives.
        D’ailleurs : acceptez-vous facilement la critique ?

        Cette publication est-elle de la même veine que ce que vous proposez ici ?

      • Je suppose que j’accepte pas trop mal la critique. Cela dit, j’en ai assez peu dans l’absolu.

        C’est une histoire d’espionnage, avec un fond plus convenu. J’en ai d’autres du même acabit, d’autres choses plus bukowskiennes, il y a de la SF dans les tuyaux…

      • Un fond plus convenu…vous voulez dire qu’on se fait ch…en la lisant quoi ? Nan je plaisante ^^

        Avez-vous des références d’auteurs qui s’en sont tenus au jus d’orange leur vie durant ? 😉

        Vous m’avez dit être hermétique aux vers mais je constate qu’il n’en est rien. Bukowski était un grand poète. Et je suis sûre que vous appréciez également Boris Vian.

      • Disons que c’est un peu plus « grand public », s’agissant d’espionnage. Mais, je doute d’avoir le succès d’un De Villiers.

        Des auteurs qui s’en sont tenus au jus d’orange toute leur vie? Arf. Hemingway? Nan. Buko? Non plus. Beigbeder, peut-être? Peut-être Orson Scott Card (auteur de SF), c’est un mormon.

        J’avoue que ce que j’ai retenu de Bukowski, c’est surtout son regard sur l’humanité, un regard rugueux, mais sans malveillance – pas loin d’un Céline, la bile en moins.

        Et Vian, je n’en ai rien lu. Trop de choses à lire, en si peu de temps. Naguère, je ne lisais pas de livres où il n’y a pas d’images – mon neurone ne pouvais pas encaisser plus.

      • Je mourrai d’un cancer de la colonne vertébrale Ça sera par un soir horrible Clair, chaud, parfumé, sensuel Je mourrai d’un pourrissement De certaines cellules peu connues Je mourrai d’une jambe arrachée Par un rat géant jailli d’un trou géant Je mourrai de cent coupures Le ciel sera tombé sur moi Ça se brise comme une vitre lourde Je mourrai d’un éclat de voix Crevant mes oreilles Je mourrai de blessures sourdes Infligées à deux heures du matin Par des tueurs indécis et chauves Je mourrai sans m’apercevoir Que je meurs, je mourrai Enseveli sous les ruines sèches De mille mètres de coton écroulé Je mourrai noyé dans l’huile de vidange Foulé aux pieds par des bêtes indifférentes Et, juste après, par des bêtes différentes Je mourrai nu, ou vêtu de toile rouge Ou cousu dans un sac avec des lames de rasoir Je mourrai peut-être sans m’en faire Du vernis à ongles aux doigts de pied Et des larmes plein les mains Et des larmes plein les mains Je mourrai quand on décollera Mes paupières sous un soleil enragé Quand on me dira lentement Des méchancetés à l’oreille Je mourrai de voir torturer des enfants Et des hommes étonnés et blêmes Je mourrai rongé vivant Par des vers, je mourrai les Mains attachées sous une cascade Je mourrai brûlé dans un incendie triste Je mourrai un peu, beaucoup, Sans passion, mais avec intérêt Et puis quand tout sera fini Je mourrai.

      • Arf.
        Je parfais là votre culture.
        Vian bien sûr…

        Un ptit dernier pour la route, après si ça vous intéresse vous irez le lire vous-même 🙂

        Je voudrais pas crever Avant d’avoir connu Les chiens noirs du Mexique Qui dorment sans rêver Les singes à cul nu Dévoreurs de tropiques Les araignées d’argent Au nid truffé de bulles Je voudrais pas crever Sans savoir si la lune Sous son faux air de thune A un coté pointu Si le soleil est froid Si les quatre saisons Ne sont vraiment que quatre Sans avoir essayé De porter une robe Sur les grands boulevards Sans avoir regardé Dans un regard d’égout Sans avoir mis mon zobe Dans des coinstots bizarres Je voudrais pas finir Sans connaître la lèpre Ou les sept maladies Qu’on attrape là-bas Le bon ni le mauvais Ne me feraient de peine Si si si je savais Que j’en aurai l’étrenne Et il y a z aussi Tout ce que je connais Tout ce que j’apprécie Que je sais qui me plaît Le fond vert de la mer Où valsent les brins d’algues Sur le sable ondulé L’herbe grillée de juin La terre qui craquelle L’odeur des conifères Et les baisers de celle Que ceci que cela La belle que voilà Mon Ourson, l’Ursula Je voudrais pas crever Avant d’avoir usé Sa bouche avec ma bouche Son corps avec mes mains Le reste avec mes yeux J’en dis pas plus faut bien Rester révérencieux Je voudrais pas mourir Sans qu’on ait inventé Les roses éternelles La journée de deux heures La mer à la montagne La montagne à la mer La fin de la douleur Les journaux en couleur Tous les enfants contents Et tant de trucs encore Qui dorment dans les crânes Des géniaux ingénieurs Des jardiniers joviaux Des soucieux socialistes Des urbains urbanistes Et des pensifs penseurs Tant de choses à voir A voir et à z-entendre Tant de temps à attendre A chercher dans le noir

        Et moi je vois la fin Qui grouille et qui s’amène Avec sa gueule moche Et qui m’ouvre ses bras De grenouille bancroche

        Je voudrais pas crever Non monsieur non madame Avant d’avoir tâté Le goût qui me tourmente Le goût qu’est le plus fort Je voudrais pas crever Avant d’avoir goûté La saveur de la mort…

      • Vous êtes la deuxième à me le vanter.
        A raison, a priori.

        C’est quand même plus digeste que ce qu’on devait se taper au bahut…

        Merci en tout cas!

      • Ne me dites pas que vous n’avez pas mis le nez dans de la poésie depuis les années lycée…

      • À ma (toute relative) honte, si.
        Mais, pendant un temps, j’ai suivi les aventures de gens bizarres en justaucorps et qui portent leur slip par dessus le pantalon.
        Sans compter des tas d’autres domaines sans rapport…

      • Parfait signifie aussi prévisible et sans surprise.
        Cela dit je connais aussi des gens plus qu’imparfaits (limite très cons), totalement prévisibles et d’un vertigineux ennui !

      • J’ai beau habité un coin assez reculé je constate que ce n’est pas une denrée rare, même en ces contrées lointaines.
        Je dirais même qu’il y a du stock !

      • Même les plus misanthropes d’entre nous ont leur point faible..
        Je trouve le pourcentage que vous avancez tout de même bien pessimiste !
        Je veux croire que vous vous trompez.

      • J’ai plutôt envie de le qualifier de subjectif. On ne juge l’autre qu’à l’aune de nos propres barèmes.

        Une même personne sera pleine de surprises pour l’un, et tarte-à-la-crème pour l’autre.

      • C’est juste.

        Un ami, à qui je faisais remarquer que l’on croisait peu, voire pas de personnes dignes d’intérêt selon nos barèmes, pour reprendre vos termes, m’a répondu que c’était tout bêtement parce qu’on ne s’entourait pas des « bonnes » personnes.

        J’ai médité là dessus. Et j’ai rencontré en relativement peu de temps deux personnes intéressantes selon mes critères. POur le meilleur et pour le pire, certes.

        Mais ces rencontres je les ai provoquées. Rien n’arrive par hasard.

      • Assurément. Mais, à partir d’un certain degré d’exigence, séparer le bon grain de l’ivraie est assez énergivore.

        Et, en tant que type payé par la collectivité, je me dois à tout prix d’éviter le claquage.

      • « Les joies de la cambrousse », dois-je en déduire?

        J’aurais presque dit: « avoir DES réseaux », mais ce ne serait que sinistre pinaillage.

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