L’entreprise (2012)

Plus encore que Gaïa, la déesse-mère, l’entreprise pourvoit à tout dans la vie de l’employé. Père, mère, guide spirituel, doudou, corne d’abondance, elle est aussi le siège de la reconnaissance sociale et économique. Elle se fait l’alpha et l’oméga de son salarié qui lui doit une gratitude éternelle d’avoir fait de lui ce qu’il n’aurait jamais dû devenir. Mais tout est dans l’entreprise, et rien n’est en dehors d’elle. Elle est l’avant-garde du totalitarisme économique où l’être humain, phagocyté, perd tout individualité en devenant un simple rouage. Sa gloire est donc celle de la machine monstrueuse qu’il participe laborieusement à faire tourner. Elle est sa propre finalité, sa propre cause. Autophage, elle perd tout sens hors d’elle-même, et l’employé aussi.

Elle cesse de faire partie de l’humanité.

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