Le cas « Evil Dead » (2013, Fede Alvarez)

Evil Dead 2013 piwithekiwi.blogspot.fr

Samedi dernier, en prélude à un week end poulpesque, je suis allé avec un ami voir le « reboot » du mythique « Evil Dead ». Je m’y étais préparé en visionnant à nouveau les deux premiers volets, datant des années 80, celles où Bruce Campbell démastiquait des gloumoutes à la tronçonneuse et au coach gun à canon scié. Ç’a été pour moi l’occasion de m’apercevoir qu’ils avaient plus mal vieilli que « Brain Dead », en raison, notamment, des ambitions de Sam Raimi que n’avait pas eues Peter Jackson.

À l’issue de la projection, bien évidemment, je n’étais pas globalement d’accord avec mon ami. Celui-ci est ressorti plutôt enthousiaste, arguant qu’il s’agissait là d’une réécriture de l’original d’une manière personnelle, et révélait un réalisateur prometteur. C’est, certes, un artisan doué. Force est de reconnaître que le film est assez dégoûtant, à grands renforts d’hémoglobine. Mais, je me rends compte, en y repensait à froid, que, ce que je retiens essentiellement du film, sont trois choses :

  • la prestation absolument hallucinante de l’actrice Jane Levy, qui nous fait gober avec de simples mimiques sa possession

  • la scène d’une amputation à vif de l’avant-bras avec un couteau électrique du même modèle que celui dont se servait ma maman pour découper le rosbif dans les années 80

  • une intro elle aussi hallucinante mais un peu WTF en ce sens qu’elle n’est connectée au reste du film que par un détail graphique apparaissant fugacement à l’écran, mais aussi parce qu’elle semble annoncer une ambiance glauque et poisseuse de rednecks consanguins

Tout naturellement, rien de tout cela ne fait de « Evil Dead » un mauvais film, loin de là, et ceux qui viennent simplement voir un film gore de plus en auront pour leur argent au vu de la qualité globale du bestiau. Ce que j’ai trouvé de globalement dommage, c’est que, pour un remake, au nom d’une personnalisation, on s’éloigne tant de l’original (et,surtout, de ce qui en faisait la force, c’est à dire un humour crétin et décomplexé) pour venir gratter sur les terres des films de possession et de zombies – on songera à « REC », « 28 jours plus tard », mais aussi « L’Exorciste ». Si la sauce prend, force est de reconnaître qu’il n’y a rien de bien neuf sous le soleil et que cet essai, pour convainquant qu’il soit sur la forme, doit être vite transformé par le cinéaste sous peine de sombrer dans la marigot boueux de la série B friquée où, en tant que faiseurs de talent, on risque de ne lui confier que des projets de seconde main.

Souhaitons donc à Fede Alvarez de s’affranchir de l’ombre de Raimi pour voler de ses propres ailes, et que son nom puisse s’afficher en grand sans qu’il soit rattaché à une quelconque référence externe un tant soit peu écrasante.

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