Gott ist todt (2010)

Pierre: Tu sais pourquoi on t’a convoqué?

Lucifer: Non, mais quelque chose me dit que vous allez me faire une annonce fracassante.

Gabriel: Pour le moins! C’est pour ça que je suis là!

Lucifer: Bon, allez, balancez, j’ai pas que ça à faire. Et puis chez vous, c’est triste, c’est tout blanc et on se les gèle, c’est déprimant.

Pierre: Et chez toi, c’est bordélique, on y étouffe, voilà, t’es content?

Lucifer: Très. Pouvez pas éteindre la lumière? C’est aveuglant…

Gabriel: Tu vas nous les casser longtemps? Pierre, je me demande si on a bien fait de le faire venir…

Pierre: Tu voulais quoi? Qu’on lui envoie un fax?

Gabriel: Je sais pas, on aurait pu envoyer un messager…

Pierre: Ça n’a jamais marché. Ils ne sont jamais revenus.

Lucifer: Pourtant, à chaque fois, j’ai eu l’info. Qu’ils ne soient pas revenus, ça ne vous questionne nullement?

Pierre: On devrait se poser des questions?

Lucifer: Je sais pas. Moi, à votre place, je me poserais des questions…

Pierre: Ouais, bon, on verra ça une autre fois. T’es prêt pour le scoop?

Lucifer: J’étais prêt dès la création, mes agneaux.

Pierre: Bon, Gaby, tu veux le faire?

Gabriel: Ouais, je m’en occupe. Bon, tu as dû remarquer depuis un certain temps qu’on a pas mal perdu d’influence…

Lucifer: Ah ça, c’est inratable! Qu’est-ce qui vous arrive, d’ailleurs?

Gabriel: J’y viens. Tu sais qu’avec une organisation comme la nôtre, une action d’ampleur, et occuper le terrain, ça ne se fait pas sans chef…

Lucifer: Bien sûr.

Gabriel: C’est là que ça devient gênant: cette perte d’influence, tout ça, ça a une origine. Y a plus de patron!

Lucifer: Si vous m’avez convoqué pour vous foutre de moi, ce n’est pas sympa.

Pierre: Non, non, je t’assure! Plus la moindre nouvelle!

Lucifer: Alors là, ça me la coupe! Vous avez lancé des recherches?

Pierre: Tu penses bien que oui! On fouillé partout, sans rien trouver. Et puis quand on s’est décidé à aller voir dans la salle du trône, pour trouver des indices…

Lucifer: Et…?

Pierre: Et il n’y avait sur le bureau ovale qu’un havane à peine fumâillé, et une crème brûlée dont il avait laissé une bonne moitié. Il était donc parti précipitamment. Je suis allé voir sur son fauteuil, et il s’est sûrement désintégré là: j’y ai retrouvé un ressort rouillé, un peu de paille et un chewing-gum à la goyave.

Lucifer: MOUAHAHAHAHAH! Le patron, le Grand Patron s’est désintégré?

Gabriel: C’est, hélas, la stricte vérité. Enfin, une certaine formulation de la Vérité.

Lucifer: Et sinon, ça peut se dire comment? Il a mis les bouts?

Gabriel: On pourrait choisir un vocabulaire moins relâché, mais en gros, c’est ça.

Lucifer: Ho putain de merde. Ca remonte à quand?

Pierre: On sait pas, au juste. Le service d’ordre ne nous a pas été d’une grande utilité…

Lucifer: Je sais, ils émargent chez moi, la mutuelle est plus intéressante. Bon, et alors? Qu’en dit Jésus?

Pierre: C’est que…

Gabriel: …tu vois, quand on s’est aperçus de ça, ça faisait un bout qu’on l’avait pas vu, le fils, et depuis, pas de nouvelles non plus. Son chapeau de paille et son râteau sont bien rangés dans son vestiaire…

Lucifer: C’est bon, ça! Vous êtes complètement décapités, alors!

Pierre: Ne te réjouis pas trop vite, nous avons encore des partisans!!!

Lucifer: Oui, oui, bien entendu, je le sais. mais pour le principe, c’est quand même bon. J’ai le droit de me réjouir, non?

Pierre: Ben, en principe, non. De toutes manières, tu ne pourras pas ébruiter la chose, tout le monde croira à une nouvelle manipulation que tu auras sortie de ton sac à malices…

Lucifer: C’est vrai que depuis que je suis dans l’opposition, vous n’avez pas vraiment fait grand chose pour soigner ma crédibilité!

Pierre: La faute à qui? Tu pouvais nous rejoindre, mais tu as préféré nous chier dans les bottes!

Lucifer: Ca ne me convenait pas, le Parti Unique, désolé… Le patron bienveillant, on repassera.

Gabriel: Je t’interdis de parler de lui ainsi!

Lucifer: Ta gueule. Juste ta gueule. Tu ne sais même pas ce qu’est le libre arbitre. Tu n’as plus de chef, et tu trembles de tous tes membres. Bon, les loulous, c’est pas que je m’emmerde, mais je vais vous laisser à vos obligations, hein, faut assurer l’intérim’! Vous ferez de ma part une grosse bise à Staline et Tonton Adolf, ok? Merci d’avance!

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Il (2010)

-Tiens, tu fumes des américaines, maintenant?

-Oui, enfin, depuis le début, pourquoi?

-J’avais jamais fait gaffe.

-Ha bon. Alors, ça va bien?

-Ouais, pas mal. Pas mal du tout.

-Tu te sens bien, où tu es?

-Ouais, on se fait un peu chier, mais y a des tas de bouquins.

-Tu rigoles?

-Non, je t’assure. J’ai même retrouvé celui sur les motos de la seconde guerre mondiale!

-C’est cool, ça! Bon, du coup, tu passes le temps comme tu peux, quoi?

-Oui, c’est pas la misère, loin de là!

-Tu passes souvent?

-Non, pas souvent, y a plein de trucs à faire. Et puis, tu vas peut-être pas me croire, mais j’ai retrouvé Yvon!

-Le gars qui était contremaître, c’est ça?

-C’est ça.

-Tu l’as vu quand?

-Bah il doit y avoir un mois. On se voit de temps en temps, on se prend un jus ou une mousse.

-Tu t’es calmé, sur la picole?

-Oui, enfin, là, ce n’est plus du tout pareil qu’avant.

-Je m’en doute. Enfin, en tout cas, j’espère. Pour toi, en tout cas. Bon, moi, maintenant, c’est affaire classée…

-Affaire classée?

-Bah oui, c’est du passé. Ah, je te l’accorde, c’était pas marrant, je me suis pas amusé tous les jours, hein. Mais ce qui est fait est fait. On peut y changer quelque chose?

-Non, bien sûr. J’aurais aimé que ça se passe autrement.

-C’est un peu ta faute aussi, avoue-le.

-C’est vrai. Je m’en suis pas rendu compte.

-Même nous, avec maman, on s’en est pas rendu compte tout de suite. Y a pas grand monde qui aurait pu faire quelque chose, à mon avis.

-Je suis sur que j’aurais pu éviter ça. Ou bien vous épargner tout ça, à ta mère et à toi. Je t’ai même pas vu grandir.

-Du coup, tu as tout autant été un étranger pour moi.

-C’est dur à entendre, tu sais?

-Oui, je sais. Mais c’est vrai, malheureusement. Tu étais pas prêt. Tu t’es retrouvé avec une vie qui était pas faite pour toi, voilà tout. Et puis tu as pris sur toi. T’as préféré tout nier.

-Tu as peut-être raison, au fond. J’en étais même pas conscient, en tout cas.

-Sûrement. A la fin, pourtant, tu nous évitais. Tu craignais qu’on te juge? Tu avais honte?

-Ouais, j’avais honte. J’étais difforme, j’avais un bide comme ça. Je tenais plus debout. j’étais pas clair plus d’une ou deux heures par jour.

-Pourtant, tu acceptais de voir ton frangin, enfin, sauf les derniers jours.

-Mais avec lui, c’est différent. On a fait tellement de conneries, ensemble…

-Ouais, je vois. Tu savais qu’il te jugerait pas, en fait.

-Un truc comme ça.

-Lui aussi, il en a chié.

-Je sais, on a même failli se foutre sur la gueule!

-Ho le travail, c’est n’importe quoi! C’est parti sur quoi?

-Une connerie, sans doute. Je me rappelle plus, mais bon, c’était la connerie de trop.

-Et après, tu ne lui as même plus répondu.

-Ouais. Et vu qu’on est aussi tête de lard lui que moi, tu imagines bien qu’on s’est bien fait la gueule.

-Après, tout est allé très vite. une quinzaine de jours, a priori.

-Ouais, ça doit être ça.

-Tu en as chié, j’imagine…

-Écoute, maintenant, c’est fini, hein…

-Ouais, je vois.

-Ils m’ont retrouvé combien de temps après?

-Trois jours. Les voisins ont appelé les pompiers, à cause de l’odeur. Bon, en tout cas, ça n’a pas l’air de te faire du mal, comme ça.

-C’est vrai. C’est pas ton train, qui est annoncé?

-Ah, tiens, si. Bon, je finis mon café en vitesse, et puis je vais y aller. Tu m’accompagnes sur le quai?

-Non, je vais y aller, moi aussi.

-On se revoit quand?

-Je sais pas encore. Mais je saurai bien te trouver, va. T’en fais pas.

-Bon, ben alors, on se dit à la prochaine?

-A la prochaine, oui.

-Merci d’être venu. Ca m’a fait plaisir.

-De rien, fils.

Comment j’ai cédé ma place dans le train à une femme enceinte

C’est un jour ordinaire, enfin, plus ou moins. Été, service allégé, ça fait une semaine, voire plus, que la navette spatiale qui me conduit vers Gare du Nord se retrouve complètement blindée à mi-parcours. Je bouquine tranquille – sans doute un John Le Carré – avec mes écouteurs sur les oreilles. Montant en bout de ligne, j’ai pu – normal – avoir une place assise.

Je ne fais chier personne, en somme.

Et là, paf, c’est la cata, le tsunami, la tornade F5 plein cadre, les orgues de Staline dans les plaines de Silésie ! Bref : dans la cohue, alors que je lève les yeux pour esquiver un énième sac à main surdimensionné porté sur le côté, voilà qu’une bonne femme me fait des signes que je ne comprends pas. Un check mémoire rapide m’apprend que je n’ai pas couché avec elle, et que ce n’est pas une connaissance professionnelle. À quoi riment ces signes ? Qu’est-ce qu’elle veut ? Ah, je crois comprendre : elle veut ma place ! Ce n’est pas moi, qu’elle désigne, mais mon siège. De l’autre main, elle désigne son ventre. La courbure locale est prononcée : grossesse, ou Crohn ? A priori, la première version est la bonne. Elle est déjà sur moi, je n’ai pas d’autre choix que d’obtempérer. Je lève mon cul, sans avoir le temps de ranger mon bouquin ou de refermer mon sac à dos.

Et je me retrouve comme un con debout dans l’allée centrale, à ne pas trop quoi savoir faire de mes glingues. J’avais l’impression que tout le monde me regardait, l’air réprobateur. Le pire, c’est que ce n’était pas forcément faux. Mais putain, pourquoi elle voulait ma place ? Il y en avait d’autres, non ? D’autres, d’ailleurs, plus près de la porte, qu’elle aurait pu demander à n’importe qui d’autre ! Mais, non : comme un putain d’emmerdeur de chat, elle avait décrété que c’était sa place. Et les amateurs de chats savent autant que moi de quoi sont capables ces redoutables prédateurs de places sur le canap’. Passée la honte de n’avoir pas (su) obtempérer dans les meilleurs délais à l’injonction nataliste (les femmes enceintes sont à peu près, chez nous, l’équivalent des vaches sacrées en Inde, si j’ai bien observé), je suis surtout envahi d’un sentiment d’injustice. Pauvre de moi ! Je n’avais pas pris la bonne place, j’avais pris celle qu’elle se réservait sans doute, parmi toutes les autres qu’elle aurait pu exiger.

Le résultat : l’amertume d’un cocu, le sentiment de s’être fait rançonner au nom de la bienséance. Le pire, c’est qu’à l’instar des traîne savate de Gare du Nord, qui essaient systématiquement de gratter des cigarettes d’un geste universel lorsqu’on croise leur regard, sans même se donner la peine de se déplacer pour nous adresser la parole, je crois qu’elle ne m’a demandé ma place que parce que j’ai levé les yeux au mauvais moment et dans la même direction, c’est à dire, vers là où elle se trouvait au moment où elle y était. On note néanmoins que les branleurs avachis sur leurs sièges, avec les guitares à l’équerre, elle ne leur a rien demandé, et ils n’ont pas bougé le petit doigt.

Je paye donc pour eux, aussi.

La prochaine fois, on ne m’y reprendra pas, je ne lèverai pas les yeux de mon bouquin.

ADDENDUM by Le Tigre (son blog, Quand le tigre lit):

Le rer, c’est comme à Bogotá : AUCUN eye contact. Tu te feras baiser sinon.

L’entreprise (2012)

Plus encore que Gaïa, la déesse-mère, l’entreprise pourvoit à tout dans la vie de l’employé. Père, mère, guide spirituel, doudou, corne d’abondance, elle est aussi le siège de la reconnaissance sociale et économique. Elle se fait l’alpha et l’oméga de son salarié qui lui doit une gratitude éternelle d’avoir fait de lui ce qu’il n’aurait jamais dû devenir. Mais tout est dans l’entreprise, et rien n’est en dehors d’elle. Elle est l’avant-garde du totalitarisme économique où l’être humain, phagocyté, perd tout individualité en devenant un simple rouage. Sa gloire est donc celle de la machine monstrueuse qu’il participe laborieusement à faire tourner. Elle est sa propre finalité, sa propre cause. Autophage, elle perd tout sens hors d’elle-même, et l’employé aussi.

Elle cesse de faire partie de l’humanité.

Dialogue avant le coucher du soleil (2008)

flingue

-Me regarde pas comme ça, c’est toi qui m’as amené ici, que je sache!

-Je sais. Mais j’hésite…

-Ca, je le vois bien. Mais ce n’est pas moi qui prendrai la décision, encore moins qui agirai.

-Je le sais aussi. Merci de ton aide précieuse.

-De rien. Je vois que tu n’es toujours pas sorti de tes vieux travers…

-Comment?

-Tu n’arrives pas à te bouger le cul, mon pauvre vieux. Même pour prendre une des décisions les plus importantes de ta vie, sinon la plus importante, tu n’es même pas foutu d’assumer…

-C’est difficile, tu sais. Je voudrais bien t’y voir.

-Ah moi, je n’ai pas ce genre de problème. C’est pas mon rôle d’être compâtissant.

-Pourtant, j’en aurais bien besoin…

-Bordel, grandis un peu! Ose une fois dans ta vie!

-C’est pas facile, je me suis jamais mouillé pour quoi que ce soit. Remarque, on voit le résultat…

-Je ne te le fais pas dire.

-Ouais, le question, c’est: qu’est-ce que je vais faire de moi? J’ai envie de me foutre à la poubelle…

-Il ne tient qu’à toi…

-Putain, pourquoi je me suis planté comme ça? Pourquoi?

-Toujours des questions…

-Mais c’est bien là, la question, non?

-Oui, mais pas pour te juger, abruti. Ce qui est fait est fait. La vraie question est: qu’est-ce que tu vas faire MAINTENANT?

-Je sais pas, après ce que je me suis pris dans la gueule, y a plus grand-chose qui me retient ici…

-Si c’est ce que tu crois…

-…oui, je sais ce qu’il me reste à faire. Mais c’est impressionnant. Et puis…

-…et puis?

-Je sais pas merde, c’est trop de trucs dans ma tête, je n’y arrive pas…

-Calme-toi. Tu penses à eux. Ils comptent sur toi. Au fond de toi, tu sais que tu leur manqueras.

-Pas si sûr..

-Vraiment?

-Je sais pas… J’aimerais vraiment que tout s’arrête, là, maintenant.

-Alors, tu sais ce que tu vas faire?

-Non.

-Ben je vais te le dire: tu vas me prendre, m’appliquer contre ta tempe, ton menton ou ton cœur, et tu vas appuyer! Tu te rendras compte de rien du tout! Pfut, envolé! Ton mur sera dégueulasse, et c’est ta mère qui te retrouvera avec un trou comme un impact de météorite dans la tronche. C’est ça que tu veux?

-Arrête…

-Réponds: C’EST CA QUE TU VEUX?

-Non…

-Répète-le.

-C’est pas ça que je veux.

-Mais putain, dis les mots, fais quelque chose jusqu’au bout pour une fois dans ta vie.

-Ce que je veux, ce n’est pas mourir. Putain, tu fais chier.

-C’est pour ton bien.

-Ouais, c’est ça.

-Tu sais que tu vaux mieux que ce que tu veux bien reconnaître. Cesse de te complaire là-dedans.

-J’y ai jamais cru, à ces conneries. Tellement de situations d’échec, comment veux-tu que j’aie la moindre estime pour ça?

-Peut-être parce que tu attends trop. Ton ego est comme un kouglof, il grumelle, déborde de partout.

-Ah ça, tu peux le dire!

-Et toi qui en fais une fierté…

-Ouais, finalement, à quoi bon? Mais y a pas que ça. Pourquoi tous ces espoirs déçus? Serais-je trop naïf? Alors que je suis assez méfiant…

-Trop exigeant. Tu attends trop de la vie, des gens, de toi.

-On en vient à pourquoi je t’ai amené ici…

-Tu vas pas remettre ça sur le tapis!

-On peut pas parler avec toi, t’es chiant…

-Je suis pas là pour te tenir le crachoir. Je te signale que tu m’as amené ici pour te faire sauter le caisson!

-Et ça n’a pas l’air de t’enchanter!

-Ou de t’enchanter toi! Tu te rends compte que tu parles à un flingue, là… Allez, essaie un peu d’accepter.

-Accepter quoi?

-Tu n’es pas un loser, ta vie n’est pas faite que de défaites.

-Tiens donc… je me suis fait bouler, ma bouée m’a lâché dans la tempête… sacrée victoire!

-Tu es pas pour elle, voilà tout. Tu te souviens de votre nuit?

-Et comment!

-Tu l’as tenue dans tes bras, vous avez fait l’amour, tu as tenu sa main dans la tienne en la regardant dans les yeux. Tu te rappelles comment tu te sentais bien?

-Oui. j’ai jamais connu ça…

-Et c’est pas une victoire, ça?

-Si. Une petite…

-Mais une victoire quand même. Il t’en faut d’autres, des comme ça.

-Tu as sans doute raison… Mais à quel prix!

-Qu’est-ce que tu en sais? Tu as une boule de cristal?

-Non. Mais je sais que je vais en chier…

-Ouais, mais tu vas continuer. Parce que si tu t’arrêtes maintenant, tout tombe à l’eau.

-Tout?

-Tu essaies de donner un sens à tout ça. Si tu coupes court, c’est tout ce que tu as fait et été qui n’a plus le moindre sens.

-C’est vrai. Tant que je ne suis pas allé au bout, je ne peux pas honnêtement me dire que je me suis planté.

-Et même… de toutes façons, tu termineras la mission, comme tu aimes si bien le dire!

-Mouais…

-Tu vas continuer à marcher, trop fier pour t’avouer vaincu.

-Sans doute. Alors on fait quoi?

-Je crois que tu as déjà pris ta décision, non?

-Oui, c’est vrai, enfin je crois…

-Alors bonne chance.

-Sans rancune?

-Sans rancune.

Le 21/09/2008 à 19h33