Le romantisme n’est pas très romantique et autres récits d’injustes destins sémantiques

Picouze de rappel sur le mot « romantisme », avec ou sans poil autour.

Easter egg: les métalleux ont un lien à suivre tout en bas de la page.

Thèse Antithèse Foutaises

romantisme

Je voudrais aujourd’hui m’indigner devant le triste destin de la signification de certains mots.

***Le romantisme

Tout a commencé quand une amie professeur de lettres m’a avoué, désespérée :

« Je n’en peux plus, je me tue à expliquer à mes élèves que le romantisme, ce n’est pas la passion amoureuse, mais que c’est la fureur, le meurtre, les pactes avec le diable, l’inceste, les fantômes et les suicides ! »

Si aujourd’hui l’adjectif « romantique » est associé à des comportements amoureux mièvrement consensuels, baignant dans un imaginaire Marc-Levyen ; on constate une rapide érosion de la signification première de ce courant artistique de la fin du XVIIIe siècle.

Dans l’acception contemporaine de l’adjectif « romantique », qu’en est-il de l’expression tantôt politique tantôt introspective des âmes torturées d’Hugo, Musset, Rousseau et Chateaubriand ?

Si l’évolution sémantique d’un mot n’a rien d’étonnant ni de nouveau (on emploie également les mots « réaliste » et « surréaliste » dans le langage courant sans forcément…

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Un algorithme de la radicalisation?

Ceci est le fruit de cogitations qui m’ont pris il y a peu sur Facebook, ou Google, je ne sais plus trop. Je venais de m’acheter un nano-ordinateur (à peine plus grand qu’une carte bancaire, pour dire), un truc de bidouilleur, et je cherchais sur internet des pages expliquant comment le configurer, le bricoler. Ça s’appelle le Raspberry Pi (me demandez pas pourquoi). Et, depuis, j’ai régulièrement des pubs sur Facebook pour le Raspberry Pi. Notons au passage l’absurdité de chercher à me vendre un produit que je cherche à configurer, donc, que j’ai déjà ! Passons : c’est du même acabit que les soi-disant tests de QI qu’on cherchait à me refourguer parce que le mot « intelligence » revenait plusieurs fois dans un échange de mails…
Ce n’est pas une nouveauté, les algos de Facebook et Google sont pensés pour repérer vos centres d’intérêt, et vous resservir autant qu’ils le peuvent tout ce qui s’en rapproche – de préférence, commercial. Au-delà de leur efficacité réelle (je me demande si les amateurs anglo-saxons d’hirondelles et de mésanges – respectivement « tit » et « swallow » dans la langue de Bukowski – ne se voient proposer QUE des pubs ornithologiques), se pose surtout la question des conséquences de pareils choix.
Concrètement, qu’est-ce que ça signifie ? Que Facebook, et surtout Google, feront tout pour resserrer autour de vos centres d’intérêt ce qui s’affiche, particulièrement à l’issue d’une recherche. Lorsque vous saisissez dans le célèbre moteur de recherche quelques mots-clés liés à un sujet sur lequel vous avez déjà fouiné, il va le voir et s’appuyer sur vos précédentes recherches pour affiner son résultat. En gros, vos critères de recherche précédents semblent fonctionner comme une sorte de filtre pour votre recherche en cours.
Passe encore lorsque votre recherche porte sur un bien commercial : ça fausse un peu la concurrence, mais c’est pas Google ou Facebook qui le font. C’est votre fait. Péché véniel. Imaginons, à présent, qu’il s’agisse de quelque chose qui fait débat : une posture idéologique, un discours politique ou philosophique. Ça change du tout au tout, car ces algos consacreront du temps processeur et de l’énergie… à vous donner des liens vers des pages similaires à celles que vous avez vues – à l’exclusion de celles qui présenteront un discours alternatif. Ainsi, votre recherche, ou à tout le moins, votre navigation internet vous confortera dans les idées auxquelles vous vous êtes précédemment exposé.
Vous avez recherché des choses en lien avec la résistance islamique aux USA dans la péninsule arabe ? On va vous en donner, tiens ! Forums djihadistes, liens vers des ressources de propagande, j’en passe et des meilleures. Idem pour les sensibilités antisionistes, antiaméricaines, antifascistes ou ce que vous voudrez… Avancer ne fera que vous marteler toutes les idées déjà vues.
Dès lors se pose à mes yeux une question – qui n’est peut-être que purement rhétorique : quelle est la part de responsabilité de ces algorithmes « intelligents » dans la radicalisation solitaire et en ligne des candidats au jihad (puisqu’on en parle volontiers dans les médias) ou de n’importe quel hurluberlu tombant dans n’importe quel extrémisme foireux ?

Peut-on choisir son type de procrastination ?

Une super-trouvaille que je ne peux que partager icy-mesme.

Thèse Antithèse Foutaises

Image

Quelles sont les meilleures conditions pour écrire sereinement et efficacement ?

Cette interrogation est née de la remarque de mon amie cinéphile : « Pourquoi est-ce qu’on imagine toujours l’écrivain à son bureau dans sa maison de campagne, avec un thé et un chat sur les genoux en train d’écouter du Mozart alors que la plupart du temps il griffonne sur un vieux prospectus pendant une conférence qui l’ennuie ou pendant qu’il fait un boulot alimentaire ? »

Plus sérieusement, qui écrit comme ça ?

Faisons tomber le mythe, je vais vous raconter une histoire d’écriture sportive, de procrastination guillerette et de chocapics.

« Tout est prêt. La tasse de thé chaï avec du miel de thym, le chat gris endormi sur les genoux, Fip en fond sonore, des stylos doux au toucher, un tas de feuilles blanches et surtout du temps libre. Les conditions parfaites sont réunies. Sauf l’inspiration, ou tout simplement…

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C’est avec une certaine affliction…

…que j’ai découvert le palmarès des sujets les plus populaires sur ce blog.

centres d'intérêt

Voilà. Pas de quoi être fiers, hein?

Vous êtes donc, pour les plus nombreux, à la rechercher de conseils pour séduire des filles, draguer la stagiaire de la compta ou vous envoyer une MILF croisée à la sortie de l’école quand vous alliez chercher vos bambins?

Vous croyez vraiment que vous allez conclure avec des bombes thermonucléaires en lisant ce blog?

J’espère que non. Au final, les articles parodiques que j’ai commencés (et que je ferais aussi bien de poursuivre), la « Typologie des femmes à l’usage des dragueurs », attirent des recherches récurrentes: celles de ceux même que j’entends railler.

C’est très ironique et très amusant.

Je me rappelle cette phrase: internet is for porn. Heu ouais, mais, pas seulement. C’est pas non plus un livre de recettes pour pécho. J’espère que ça aura fait rire mes visiteurs les plus distanciés, et que ça les a incités à lire plus avant ce blog – ce qui, dans l’ensemble, est faux. Hé oui, WordPress est impitoyable avec mon amour-propre. Quant aux autres, déçus, ils n’ont fait que passer, se rendant compte que je n’allais pas leur expliquer comment se mettre au bout de la poutre la jolie blonde qui leur fait monter le soufflé au fromage.

Du coup, que reste-t-il comme lecteurs?

Mon ego m’interdit de le mentionner.

Elle range son téléphone (2014)

Après une cigarette au bord de la nuit, s’embarquer dans les entrailles du monstre.

Compter les stations, les respirations, les contractions, génuflexions, réflexions. Éconduire les attentions de ses yeux à double tranchant. Ne pas fuir, as tout de suite. Elle s’absorbe par nécessité dans l’abrutissement ludique. Bouée de sauvetage, ou simple anxiolytique ?

Le serpent d’aluminium se faufile sous les ficelles métalliques. Les visages graves et impénétrables se multiplient à l’infini. Angoisse. Elle imagine le tissu des sièges taché de cris et de tremblements. Combien survivraient ? Elle se débarrasse de telles pensées.

Arrêt.

Foule, paroles proférées à voix hautes, sans considération pour la violation des espaces intimes.

Le silence ne vaut pas cher, pour certains. Ni le bien être de leurs congénères, à supposer qu’ils fassent partie de la même espèce. Qu’est-ce qu’elle aimerait se saisir de ce putain de téléphone, et le projeter par terre, de toutes ses forces. Baisse d’un ton, quand tu parles. Ta gueule. Ta voix m’insupporte.

Impossible de se concentrer. Elle range son téléphone.

La mécanique reprend, bascule, à gauche, à droite, coups de sacs sourds, indifférences monolithiques et obscènes. Elle déteste déjà cette ligne. Rires de pétasses, exclamations de racailles. La solitude la prend par surprise. Qui l’eût crue possible en plein milieu de la foule ? Re-soupir. Ça n’a pas encore commencé qu’elle est déjà lasse. Flash info : le projet de loi de finances voté à la quasi-unanimité. Deux milliards d’augmentation d’impôts ; la guerre se porte bien, encore dix mille morts, depuis le début de l’année. Elle range son téléphone.

Parler ? À qui, de quoi ? Pourquoi ?

Un peu de connexion, ouvrir une fenêtre sur un horizon moins craquelé et poussiéreux. Voyages. Toujours les mêmes destinations, maillots de bains souriants et tablées en terrasse convenues. Finalement, le reste du monde est aussi étouffant que le bocal dans lequel elle est venue se jeter. Paysages, nature. C’est beau, c’est loin. Des endroits qu’elle ne verra sans doute jamais. C’est beau, de rêver à un ailleurs meilleur. Nouveaux arrêts, un, deux, trois… le flot de créatures à demi-vivantes se déverse à nouveau. Mêmes têtes, mêmes existences graves. Bétail courant vers l’abattoir. Comme elle ?

Déprimant.

Elle range son téléphone.

Le jour commence à se lever, elle aperçoit les structures massives des bâtiments de la zone industrielle, monstres parallélépipédiques encore en sommeil. Une trace rouillée à l’horizon en cisèle les contours avec indulgence. Dans leurs flancs, d’autres comme elle vont reprendre leur calvaire quotidien. Sensation d’étouffement, d’angoisse qui monte. Chasser ses pensées. SMS de sa meilleur amie : « Bon courage pour ta première journée, bisous. »

La chevauchée atroce touche à sa fin.

Loin devant le museau renfrogné du train, la capitale, grouillante, putride, hostile.

Elle range son téléphone.

Typologie des femmes 5: la jeune fille flippée

La jeune fille flippée

Celle-là est relativement courante, principalement en dessous de trente ans – mais certaines ont une espérance de vie bien plus longue. Touchante par son innocence, la jeune fille flippée peut vous faire passer de bons moments, mais peut demeurer une expérience regrettable, si vous ne savez pas où vous mettez les pieds.

Caractérisation et analyse

La jeune fille flippée se signale principalement par une attitude que l’on qualifiera volontiers de rêveuse – souvent créative, elle affectionne les mondes imaginaires (S-F, Fantasy, Fantastique), goût qu’elle s’efforce souvent de retranscrire dans la réalité par un sens artistique empreint de ces mondes. Si elle n’a pas vraiment de don en la matière, elle trouve le moyen de le matérialiser par la fréquentation de milieux qui y sont rattachés. Elle se retrouve donc volontiers parmi les amatrices de mangas, les gothiques, les cosplayeuses. Certaines vont à adopter le look gothic lolita, mêlant le sombre et torturé du monde gothique à l’innocence d’un monde enfantin auquel elle n’a pas totalement renoncé. Les cas désespérés gardent ce look vers la quarantaine, voire, au-delà. Elle s’entoure de gens partageant ses goûts, souvent jeunes (maximum, vingt-cinq ans environ, la limite n’évolue pas avec l’âge du sujet), et aime à passer beaucoup de temps avec eux. Souvent sensible, voire, hyper-sensible, elle se signale aussi par des statuts publics, sur les réseaux sociaux ou sur son blog personnel, à la forme comme au contenu souvent enfantins, voire, infantiles. Elles s’épanchent volontiers sur un ton geignard sur les difficultés à se trouver l’homme parfait ou bien à être comprise et/ou acceptée dans ce monde si cruel. La jeune fille flippée est avant tout quelqu’un qui a du mal à quitter le monde de l’enfance – pas forcément de la sienne, ce peut être une enfance fantasmée, une construction a posteriori – et considère le monde des adultes (ou « monde réel », ce qui revient peu ou prou au même) comme sordide, violent, cynique et destructeur. Elle préfère donc se réfugier dans un monde de bisounours, de poneys arc-en-ciel et de licornes aux grands yeux. Les plus audacieuses préféreront se frotter à ce monde, et se blinder en arborant un look rugueux (metal, gothique), pour se protéger autant que pour se rassurer.

Utilité et perspectives

La jeune fille flippée est une sorte de bête sauvage effarouchée par la grande ville. Constamment sur le qui-vive, elle est pour ainsi dire blessée avant même que ne parte la flèche. Elle en a déjà pris plein la gueule, et pourtant, son esprit reste rempli de rose bonbon et de cris d’enfants qui jouent dans le jardin. Les plus meurtries sont perdues pour la cause, et, au lieu de flippées, on peut les qualifier d’aigries. Elles se sont définitivement fermées au monde, et vivent dans le leur, à la limite de l’autisme. Les autres peuvent encore être sauvées, ou, en tout cas, faire des partenaires de route acceptables, voire super-chouettes. Mais, il y a un chemin, jusqu’à leur cœur, et jusqu’à la raie de leurs fesses.

Du fait de sa candeur et de sa sensibilité, la jeune fille flippée peut être une amante passionnée et tendre. Il faut simplement (euphémisme!) la mettre en confiance. Ne soyez donc pas cynique. Essayez surtout d’être tout à la fois naturel et positif (en gros, occultez ce qu’il y a de plus poisseux en vous). Bercée d’idéaux issus d’une vision enfantine de l’amour, elle sera aussi fidèle, ce qui est un atout si vous souhaitez vous trouver une compagne qui le soit. Attention, il faut jouer franc-jeu avec elle, non seulement pour des raisons éthiques, mais aussi pratiques : même raide dingue de vous, elle continuera à être une bête fragile, qui craindra pour sa peau. La moindre ambiguïté de votre part insinuera le doute dans son esprit, et, soit elle vous quittera (solution de la fuite en avant), soit elle deviendra chiante, méfiante, voire, hyper-jalouse et possessive.

En résumé, si elle peut être une bonne surprise, la jeune fille flippée peut être perçue avant tout comme un challenge – non pas au plan de la séduction, car, malgré son éventuelle expérience, elle se comportera presque immuablement comme une collégienne à la boum de fin d’année – mais bien au plan de la vie à deux, ou du moins d’un couple qui dépasse le simple stade du polissage de piston.

Conclusion

La jeune fille flippée, ce n’est pas pour tout le monde. Il faut être resté un peu romantique, et avoir gardé au fond de soi l’envie de partager pour s’y intéresser. Si le seul cul vous intéresse, vous risquez de vous y casser les dents : dans le meilleur des cas, elle vous enverra bouler. Dans le pire des cas, elle sera tombée amoureuse, et vous aurez le rôle très enviable du salaud prévisible. Par ailleurs, des évolutions sont possibles, et si vous menez votre barque de manière appropriée, elle pourrait même devenir une femme équilibrée !

Comment j’ai cédé ma place dans le train à une femme enceinte

C’est un jour ordinaire, enfin, plus ou moins. Été, service allégé, ça fait une semaine, voire plus, que la navette spatiale qui me conduit vers Gare du Nord se retrouve complètement blindée à mi-parcours. Je bouquine tranquille – sans doute un John Le Carré – avec mes écouteurs sur les oreilles. Montant en bout de ligne, j’ai pu – normal – avoir une place assise.

Je ne fais chier personne, en somme.

Et là, paf, c’est la cata, le tsunami, la tornade F5 plein cadre, les orgues de Staline dans les plaines de Silésie ! Bref : dans la cohue, alors que je lève les yeux pour esquiver un énième sac à main surdimensionné porté sur le côté, voilà qu’une bonne femme me fait des signes que je ne comprends pas. Un check mémoire rapide m’apprend que je n’ai pas couché avec elle, et que ce n’est pas une connaissance professionnelle. À quoi riment ces signes ? Qu’est-ce qu’elle veut ? Ah, je crois comprendre : elle veut ma place ! Ce n’est pas moi, qu’elle désigne, mais mon siège. De l’autre main, elle désigne son ventre. La courbure locale est prononcée : grossesse, ou Crohn ? A priori, la première version est la bonne. Elle est déjà sur moi, je n’ai pas d’autre choix que d’obtempérer. Je lève mon cul, sans avoir le temps de ranger mon bouquin ou de refermer mon sac à dos.

Et je me retrouve comme un con debout dans l’allée centrale, à ne pas trop quoi savoir faire de mes glingues. J’avais l’impression que tout le monde me regardait, l’air réprobateur. Le pire, c’est que ce n’était pas forcément faux. Mais putain, pourquoi elle voulait ma place ? Il y en avait d’autres, non ? D’autres, d’ailleurs, plus près de la porte, qu’elle aurait pu demander à n’importe qui d’autre ! Mais, non : comme un putain d’emmerdeur de chat, elle avait décrété que c’était sa place. Et les amateurs de chats savent autant que moi de quoi sont capables ces redoutables prédateurs de places sur le canap’. Passée la honte de n’avoir pas (su) obtempérer dans les meilleurs délais à l’injonction nataliste (les femmes enceintes sont à peu près, chez nous, l’équivalent des vaches sacrées en Inde, si j’ai bien observé), je suis surtout envahi d’un sentiment d’injustice. Pauvre de moi ! Je n’avais pas pris la bonne place, j’avais pris celle qu’elle se réservait sans doute, parmi toutes les autres qu’elle aurait pu exiger.

Le résultat : l’amertume d’un cocu, le sentiment de s’être fait rançonner au nom de la bienséance. Le pire, c’est qu’à l’instar des traîne savate de Gare du Nord, qui essaient systématiquement de gratter des cigarettes d’un geste universel lorsqu’on croise leur regard, sans même se donner la peine de se déplacer pour nous adresser la parole, je crois qu’elle ne m’a demandé ma place que parce que j’ai levé les yeux au mauvais moment et dans la même direction, c’est à dire, vers là où elle se trouvait au moment où elle y était. On note néanmoins que les branleurs avachis sur leurs sièges, avec les guitares à l’équerre, elle ne leur a rien demandé, et ils n’ont pas bougé le petit doigt.

Je paye donc pour eux, aussi.

La prochaine fois, on ne m’y reprendra pas, je ne lèverai pas les yeux de mon bouquin.

ADDENDUM by Le Tigre (son blog, Quand le tigre lit):

Le rer, c’est comme à Bogotá : AUCUN eye contact. Tu te feras baiser sinon.

Typologie des femmes 4: l’obsessionnelle en quête de perfection

L’obsessionnelle en quête de perfection

Celle-là, on la rencontre pratiquement partout, mais elle demeure relativement rare. Sa dangerosité est variable, et dépend énormément de la profondeur de sa névrose, et de son rapport à la réalité. Certaines pourront n’être pour vous qu’une expérience passagère et pour le moins étrange, incompréhensible, pour d’autres, elle sera un souvenir qui vous hantera longtemps après la fin de votre analyse.

Caractérisation et analyse

Il est difficile de la repérer, car elle ne présente pas de signe typique, bien qu’elle puisse présenter quelques troubles psychiatriques, comme une addiction – généralement, aux stimulants. On ne peut néanmoins pas s’y fier, car ce n’est pas systématique. L’obsessionnelle en quête de perfection s’acharne à chercher et/ou à construire dans un ou plusieurs domaines de sa vie ce qu’elle considère comme en étant la perfection. Cela peut-être d’ordre intime (sexuel, sentimental, familial), personnel (trouver une ou des activités plaisantes), professionnel, ou même narcissique. Ça peut être plusieurs de ces secteurs, voire, l’ensemble. C’est à partir de là que les signes qui ne trompent pas peuvent être repérés – ils nécessitent néanmoins une assez longue période d’observation, si possible sans condamnation pour voyeurisme ou autre truc du même genre. Le caractère obsessionnel apparaîtra en constatant les centres d’intérêt limités de la donzelle : à vrai dire, ces centres d’intérêt en faible nombres sont autant de tropismes obsessionnels vers la perfection qu’elle recherche – sans le moindre questionnement sur la légitimité ou la faisabilité de la démarche. C’est comme ça et pas autrement ! Si, par exemple, elle aspire à une vie domestique et sentimentale parfaite, toute son énergie sera consacrée à ces sujets : comment y parvenir, quelles sont les meilleures modalités et circonstances, recherche du partenaire qui saura favoriser cet accomplissement. Fonctionnant de manière binaire (l’enjeu est trop important pour qu’elle se laisse aller à des compromis), avec elle, ça passe ou ça casse. Ses jugements en la matière se signalent donc par leur aspect tranchant, sans nuance. Sur tous les autres sujets, ses jugements se signaleront surtout par une indifférence marquée. Bref, en dehors du design et du style de la maison, de la cuisine équipée en pin de Norvège, du nombre d’enfants, du monospace pour accueillir tout ce monde et du labrador (pour reprendre l’exemple précédent), rien ne l’intéressera.

Utilité et perspectives

Selon le caractère obsessionnel de la donzelle, vous pourrez être reconnu comme compatible ou potentiellement compatible avec son rêve de perfection. Cela pourra être thématique (l’amant rêvé, le père pour ses enfants présents – le géniteur s’étant fait la malle bien plus tôt – , le pourvoyeur de moyens financiers ou de statut social) ou global. Tout dépend de la capacité qu’elle percevra chez vous à assumer le rôle qu’elle veut vous faire endosser. Si vous correspondez réellement à ses attentes, elle vous laissera donc peut-être entrer dans sa vie, mais n’oubliez pas que, en dehors du rôle qu’elle vous aura assigné, elle ne vous reconnaîtra pas d’existence individuelle : si vous êtes l’amant, elle ne vous laissera pas faire les courses, organiser des activités. Au mieux, si vous êtes plus costaud, vous vous taperez le bricolage ou le port de charges lourdes. Cela ne l’empêchera pas de vous imposer le partage des tâches lorsqu’elle en aura marre ou sera fatiguée de tout assumer elle-même. Ne vous avisez pas de lui faire remarquer que c’est elle qui, de son propre chef, accapare toutes les tâches, y compris les plus intéressantes. Son prince charmant ne dit pas ça !

Tout ça pour quoi, alors ? Hé bien, en dehors du cas où l’obsessionnelle en quête de perfection cherche un amant parfait, que ce soit au plan sexuel ou sentimental, tout ce que vous ferez, serez, ou aspirerez à être ou à faire, pour vous ou pour elle, ne rencontrera, au mieux, qu’une indifférence blessante. Si, de surcroît, vous vous enferrez dans cette relation alors que, franchement, y a pas moyen (très forte probabilité), mettons, par exemple, si vous êtes tombé amoureux, elle risque de vous en faire voir de toutes les couleurs, si elle ne vous vire pas. En effet, complètement enferré dans sa quête chimérique, et se calant uniquement sur ses propres cognitions, elle s’efforcera de vous faire rentrer dans le moule. Oui, au masculin, bande de cochons. Ce sera donc une affreuse entreprise de destruction qui se soldera par la disparition irrémédiable de votre estime pour vous-mêmes, ou une rupture scellant une perte de temps effroyable.

Conclusion

A moins d’avoir une âme de samaritain et de vous fixer pour mission d’essayer de sortir la dame de son univers super-calibré qui n’a pas dû évoluer depuis ses huit ans environ, vous n’avez rien à faire à traîner vos guêtres dans ce genre de personne relation. Les efforts qu’il vous faudra déployer pour savoir si c’est possible, comment, et les frustrations que ne manqueront pas de vous apporter une telle relation tronquée ne valent même pas le plaisir que vous en retirerez – sauf PQPMR (Plan Q Plus ou Moins Régulier). Et encore. Renseignez-vous plutôt sur la célibataire du troisième, celle qui paye pas de mine.

Typologie des femmes 3: l’allumeuse qui n’assume pas

L’allumeuse qui n’assume pas

Parfois confondue avec l’hyperactive qui fuit, l’allumeuse qui n’assume pas en est pourtant distincte. Sa dangerosité est moindre, car elle est moins trompeuse. Elle représente néanmoins pour les pauvres êtres de chair (faible) que nous sommes – a fortiori inexpérimentés – une tentation à laquelle il convient de ne pas céder avec déraison.

Caractérisation et analyse

Le caractère d’allumeuse n’est pas bien difficile à déterminer, même sans en avoir côtoyé de très près. C’est une espèce répandue, surtout dans une tranche 15-25 ans, mais ça peut se prolonger au-delà. Globalement, l’allumeuse est incapable d’envisager les rapports à l’autre sexe – parfois les deux pour les plus délurées – sous un angle autre que la séduction. C’est d’ailleurs souvent un rapport monovalent : elle sera volontiers tout décolleté et mini jupe dehors avec vous, mais sera bien refroidie lorsque vous lui sortirez votre numéro de séducteur du Grand Bassin. En gros, « laissez-moi vous draguer, mais, surtout, ne me draguez pas ! » Ce n’est pas encore la composante in-assumée qui s’exprime, c’est simplement qu’elle ne conçoit le rapport de séduction que d’elle à autrui et pas l’inverse. La séduction étant une dynamique sociale, l’allumeuse qui n’assume pas a donc des allures mondaines très marquées, et s’entoure majoritairement d’hommes avec qui elle peut jouer. Les femmes qui la côtoient répondent à une fonction précise : faire-valoir, souffre-douleur (« T’as vu ? Il s’intéresse à moi, pas à un boudin comme toi ! »), voire d’auxiliaire (pour chauffer les hommes en mimant des attouchements lesbiens, par exemple). Mais, ces relations sont toujours enveloppés d’une séduction. Synthétiquement, ce sera la femme qui, court-vêtue (bien que pas forcément la mieux faite physiquement dans l’assistance), sera environnée d’un nuage d’homme tous en ithyphalles extraordinaires, mais qui n’accordera aucune importance pas plus d’importance à l’un d’entre eux qu’aux autres.

Pour ce qui est de ne pas assumer, tout simplement, c’est qu’elle finit par craindre ou regretter ses conclusions. Vous avez couché, ça s’est pas trop mal passé, et, pourtant, à partir du lendemain, elle ne vous recontacte plus et vous fait la gueule ? Vous êtes tombé sur une allumeuse qui n’assume pas. Cela se repère à un paradoxe discret dans son attitude : elle aime raconter sa vie sentimentale, et surtout sexuelle – ou, plutôt, les déballer – en racontant par le menu la liste de ses amants présents et passés et ce qu’ils lui font de plaisant, allant même jusqu’à ne pas démentir des liaisons dont elle ne s’est pas vantée, voire, s’inventant des liaisons tout-à-fait imaginaires auxquelles personnes ne croit ; mais elle ne démentira pas non plus le bruit qui court que telle ou telle liaison hautement improbable est quasi-impossible et n’a certainement pas eu lieu. Elle laisse ainsi se construire autour d’elle une réputation ambiguë : d’un côté, c’est une dévoreuse d’hommes, mais, de l’autre, elle en parle plus qu’elle n’en fait, donc, elle n’est « pas si salope que ça ». Tout cela est, évidemment, une question de narcissisme et d’estime de soi.

Utilité et perspectives

Honnêtement, entre nous ? Pas grand-chose. À la rigueur, comme rite initiatique, histoire de dire que « on a fait comme les potes ». C’est mieux que le jeu de la biscotte, faut bien le reconnaître, même si, comme elle n’assume pas, sous la couette, vous risquez d’être méchamment déçu : en effet, elle ne se laissera pas aller outre mesure aux jeux raffinés de l’érotisme, soit par peur du qu’en-dira-t-on, soit par dégoût sincère. Le plus bénéfique qui puisse sortir de tout ça, c’est que, si ça s’est bien passé entre vous, elle pourra vous faire une réputation d’amant plutôt flatteuse – même si largement au-dessus de ce qui s’est passé lorsque vous lui avez fait sa fête.

Conclusion

L’allumeuse qui n’assume pas plaçant vie sentimentale et sexuelle à un plan plutôt social qu’intime, avec toutes limitations et tous les dévoiements qui vont avec, tout rapport avec elle est voué à être foireux à terme. Et à terme plutôt court, faut pas se mentir. Donc, sauf à espérer valoriser ça comme un point sur votre tableau de chasse, ou à obtenir une réputation – à la crédibilité toute relative – d’amant du siècle mois, passez votre chemin. Allez voir plutôt sur youporn.

Typologie de3 femmes 2: l’idéaliste rattrapée par la réalité

L’idéaliste rattrapée par la réalité

J’ai une certaine affection pour celle-là, car elle présente un petit aspect tragique. Elle est un destin raté, qui aurait pu être beau, mais est au mieux banal. Elle peut être une expérience marquante, souvent de manière positive.

Caractérisation et analyse

Si l’intitulé du type n’est pas suffisamment explicite, il faut comprendre que l’idéaliste rattrapée par la réalité nourrit une vision idéalisée de sa vie, vision qu’elle n’a pas pu accomplir de près ou de loin du fait d’événements qui ont jalonné son existence. Les idéaux peuvent être de natures diverses : vie sexuelle débridée et libérée au maximum, amour-passion vécue avec un homme idéal (les mauvaises langues et les désabusés diront « chimérique »), vie sociale et professionnelle épanouie dans un boulot qui la botte vraiment. Malheureusement pour elle (et heureusement pour le chasseur avisé), la vie en aura décidé autrement. De fait, on la repère donc à ce que son attitude et son discours, sont bien souvent en décalage net avec son environnement, qu’il soit professionnel, amical ou familial. Typiquement, il pourra s’agir d’une femme instruite, aux manières délicates, un peu féministe sur les bords, volontiers indépendante, mais mariée au type inculte et grossier qui lui a fait quatre enfants, voire plus, et l’a entraînée à sa suite dans la maison familiale située à vingt bornes de toute agglomération de plus de deux cents habitants. Rêvant encore pour elle d’un ailleurs meilleur où elle ne serait pas vouée à torcher les mômes, elle se connectera volontiers sur internet, en particulier les réseaux sociaux où elle exprimera ses rêveries qui trahiront pour celui qui sait lire entre les lignes sa frustration. Il faut noter aussi que l’idéaliste rattrapée par la réalité n’est pas forcément une princesse raffinée enfermée dans le bourbier d’un ogre mal léché : on peut tout aussi bien imaginer une femme qui rêve depuis sa jeunesse de pouvoir s’éclater à fond une fois adulte (partouzer avec des gorilles, fumer des écailles de poisson-chat et claquer 80% de son revenu net chez The Kooples) et qui s’est retrouvée embringuée dans une vie plan-plan, métro-boulot-dodo, à cause d’un taf qui lui prend douze à quatorze heures par jour.

Il faut donc « vendre du rêve » à l’idéaliste rattrapée par la réalité. Pas du rêve impossible, ne soyez pas un imposteur. Montrez-lui simplement qu’avec vous, un bout – même petit – de ce dont elle se sent privée est possible. Faites-lui entrevoir les instants romantiques ou les scénarios cochons que vous vous proposez de lui faire vivre pendant que son mari est parti à la chasse dans son plus beau treillis camouflé ou bien entre deux semaines passées à prostituer son temps et ses compétences au nom du chiffre d’affaires.

Utilité et perspectives

Alors, là, tout dépend de l’idéaliste en question. Si votre proie est plutôt une princesse enfermée dans un donjon, vous pouvez envisager une relation amoureuse complète (attention, toutefois : vous resterez dans le rôle de l’amant, et des contingences auxquelles vous ne pourrez vous soustraire s’appliqueront), sans doute assez romantique voire passionnelle. Si votre proie est plutôt une délurée hédoniste emprisonnée dans un (arrière-) train-train quotidien glauque, n’espérez pas autre chose que « vous éclater », car elle n’a de place dans sa vie pour rien d’autre. N’oubliez pas que, quoi qu’il arrive, vous êtes et demeurez pour elle une valve de sécurité, une soupape qui lui permet de ne pas exploser sous la pression de sa frustration. Soyez prêt à lui apporter quelque chose qu’elle demande et pas autre chose. Sinon, passez votre chemin. Elle n’a de toutes façons pas de temps à perdre avec vous si vous ne répondez pas au cahier des charges.

Ne vous étonnez donc pas si vous vous retrouvez à promener en laisse sur un parking désert une femme à moitié nue que vous n’aviez jamais vue peut-être quelques jours seulement auparavant, tout en en rêvant secrètement au fond de votre plumard. Ne vous étonnez pas non plus de vous retrouver acteur de ces moments romantico-nunuches qui vous ont presque arraché des larmes dans cette salle obscure de l’UGC quand l’héroïne prend en silence la main du héros dans la sienne.

Le danger vient surtout de ce que, un peu à la manière d’un fluide sous pression s’échappant de son conteneur, la donzelle, lâchant prise à votre contact, se laisse aller à cette relation (fût-elle purement sexuelle) au delà du « raisonnable ». Les conséquences peuvent être diverses, mais assez tourmentées, entre une procédure de divorce pas facile (« Salope ! Pour te punir, je garde le chien, le semi-remorque et le FAMAS ! ») et une relation très intense avec vous, au sein de laquelle vous croirez perdre la tête, croirez possibles et des choses impossibles, avant d’atterrir avec une belle gueule de bois.

Conclusion

Si vous souhaitez que ça se passe bien avec une idéaliste rattrapée par la réalité, il vous faudra jouer finement, et garder le contrôle jusqu’au bout. Cela inclut de rester lucide, mais aussi de garder la donzelle lucide aussi – qu’elle n’aille pas s’imaginer que vous allez l’enlever en chevauchant votre cheval blanc qui n’est pas d’Henri IV ou que vous allez emménager chez elle pour un ménage à trois. Votre rôle ne sera pas et ne doit JAMAIS être celui du sauveur (sauf dans un scénario BDSM), mais celui du type qu’elle croise et avec qui ça se passe bien, histoire de souffler. N’oubliez surtout pas qu’elle vient avec tout un tas de casseroles, du genre mômes, emprunt immobilier, mode de vie particulier, collègues et amis qui auront du mal à comprendre ce que vous foutez là (ou feront mine de…), ainsi qu’une envie très forte de rattraper tout ce temps perdu. Si vous n’y prenez pas garde, vous vous ferez bouffer, et vous ne pourrez pas prétendre que je ne vous avais pas prévenu.