C’est avec une certaine affliction…

…que j’ai découvert le palmarès des sujets les plus populaires sur ce blog.

centres d'intérêt

Voilà. Pas de quoi être fiers, hein?

Vous êtes donc, pour les plus nombreux, à la rechercher de conseils pour séduire des filles, draguer la stagiaire de la compta ou vous envoyer une MILF croisée à la sortie de l’école quand vous alliez chercher vos bambins?

Vous croyez vraiment que vous allez conclure avec des bombes thermonucléaires en lisant ce blog?

J’espère que non. Au final, les articles parodiques que j’ai commencés (et que je ferais aussi bien de poursuivre), la « Typologie des femmes à l’usage des dragueurs », attirent des recherches récurrentes: celles de ceux même que j’entends railler.

C’est très ironique et très amusant.

Je me rappelle cette phrase: internet is for porn. Heu ouais, mais, pas seulement. C’est pas non plus un livre de recettes pour pécho. J’espère que ça aura fait rire mes visiteurs les plus distanciés, et que ça les a incités à lire plus avant ce blog – ce qui, dans l’ensemble, est faux. Hé oui, WordPress est impitoyable avec mon amour-propre. Quant aux autres, déçus, ils n’ont fait que passer, se rendant compte que je n’allais pas leur expliquer comment se mettre au bout de la poutre la jolie blonde qui leur fait monter le soufflé au fromage.

Du coup, que reste-t-il comme lecteurs?

Mon ego m’interdit de le mentionner.

Typologie des femmes 5: la jeune fille flippée

La jeune fille flippée

Celle-là est relativement courante, principalement en dessous de trente ans – mais certaines ont une espérance de vie bien plus longue. Touchante par son innocence, la jeune fille flippée peut vous faire passer de bons moments, mais peut demeurer une expérience regrettable, si vous ne savez pas où vous mettez les pieds.

Caractérisation et analyse

La jeune fille flippée se signale principalement par une attitude que l’on qualifiera volontiers de rêveuse – souvent créative, elle affectionne les mondes imaginaires (S-F, Fantasy, Fantastique), goût qu’elle s’efforce souvent de retranscrire dans la réalité par un sens artistique empreint de ces mondes. Si elle n’a pas vraiment de don en la matière, elle trouve le moyen de le matérialiser par la fréquentation de milieux qui y sont rattachés. Elle se retrouve donc volontiers parmi les amatrices de mangas, les gothiques, les cosplayeuses. Certaines vont à adopter le look gothic lolita, mêlant le sombre et torturé du monde gothique à l’innocence d’un monde enfantin auquel elle n’a pas totalement renoncé. Les cas désespérés gardent ce look vers la quarantaine, voire, au-delà. Elle s’entoure de gens partageant ses goûts, souvent jeunes (maximum, vingt-cinq ans environ, la limite n’évolue pas avec l’âge du sujet), et aime à passer beaucoup de temps avec eux. Souvent sensible, voire, hyper-sensible, elle se signale aussi par des statuts publics, sur les réseaux sociaux ou sur son blog personnel, à la forme comme au contenu souvent enfantins, voire, infantiles. Elles s’épanchent volontiers sur un ton geignard sur les difficultés à se trouver l’homme parfait ou bien à être comprise et/ou acceptée dans ce monde si cruel. La jeune fille flippée est avant tout quelqu’un qui a du mal à quitter le monde de l’enfance – pas forcément de la sienne, ce peut être une enfance fantasmée, une construction a posteriori – et considère le monde des adultes (ou « monde réel », ce qui revient peu ou prou au même) comme sordide, violent, cynique et destructeur. Elle préfère donc se réfugier dans un monde de bisounours, de poneys arc-en-ciel et de licornes aux grands yeux. Les plus audacieuses préféreront se frotter à ce monde, et se blinder en arborant un look rugueux (metal, gothique), pour se protéger autant que pour se rassurer.

Utilité et perspectives

La jeune fille flippée est une sorte de bête sauvage effarouchée par la grande ville. Constamment sur le qui-vive, elle est pour ainsi dire blessée avant même que ne parte la flèche. Elle en a déjà pris plein la gueule, et pourtant, son esprit reste rempli de rose bonbon et de cris d’enfants qui jouent dans le jardin. Les plus meurtries sont perdues pour la cause, et, au lieu de flippées, on peut les qualifier d’aigries. Elles se sont définitivement fermées au monde, et vivent dans le leur, à la limite de l’autisme. Les autres peuvent encore être sauvées, ou, en tout cas, faire des partenaires de route acceptables, voire super-chouettes. Mais, il y a un chemin, jusqu’à leur cœur, et jusqu’à la raie de leurs fesses.

Du fait de sa candeur et de sa sensibilité, la jeune fille flippée peut être une amante passionnée et tendre. Il faut simplement (euphémisme!) la mettre en confiance. Ne soyez donc pas cynique. Essayez surtout d’être tout à la fois naturel et positif (en gros, occultez ce qu’il y a de plus poisseux en vous). Bercée d’idéaux issus d’une vision enfantine de l’amour, elle sera aussi fidèle, ce qui est un atout si vous souhaitez vous trouver une compagne qui le soit. Attention, il faut jouer franc-jeu avec elle, non seulement pour des raisons éthiques, mais aussi pratiques : même raide dingue de vous, elle continuera à être une bête fragile, qui craindra pour sa peau. La moindre ambiguïté de votre part insinuera le doute dans son esprit, et, soit elle vous quittera (solution de la fuite en avant), soit elle deviendra chiante, méfiante, voire, hyper-jalouse et possessive.

En résumé, si elle peut être une bonne surprise, la jeune fille flippée peut être perçue avant tout comme un challenge – non pas au plan de la séduction, car, malgré son éventuelle expérience, elle se comportera presque immuablement comme une collégienne à la boum de fin d’année – mais bien au plan de la vie à deux, ou du moins d’un couple qui dépasse le simple stade du polissage de piston.

Conclusion

La jeune fille flippée, ce n’est pas pour tout le monde. Il faut être resté un peu romantique, et avoir gardé au fond de soi l’envie de partager pour s’y intéresser. Si le seul cul vous intéresse, vous risquez de vous y casser les dents : dans le meilleur des cas, elle vous enverra bouler. Dans le pire des cas, elle sera tombée amoureuse, et vous aurez le rôle très enviable du salaud prévisible. Par ailleurs, des évolutions sont possibles, et si vous menez votre barque de manière appropriée, elle pourrait même devenir une femme équilibrée !

Typologie des femmes 4: l’obsessionnelle en quête de perfection

L’obsessionnelle en quête de perfection

Celle-là, on la rencontre pratiquement partout, mais elle demeure relativement rare. Sa dangerosité est variable, et dépend énormément de la profondeur de sa névrose, et de son rapport à la réalité. Certaines pourront n’être pour vous qu’une expérience passagère et pour le moins étrange, incompréhensible, pour d’autres, elle sera un souvenir qui vous hantera longtemps après la fin de votre analyse.

Caractérisation et analyse

Il est difficile de la repérer, car elle ne présente pas de signe typique, bien qu’elle puisse présenter quelques troubles psychiatriques, comme une addiction – généralement, aux stimulants. On ne peut néanmoins pas s’y fier, car ce n’est pas systématique. L’obsessionnelle en quête de perfection s’acharne à chercher et/ou à construire dans un ou plusieurs domaines de sa vie ce qu’elle considère comme en étant la perfection. Cela peut-être d’ordre intime (sexuel, sentimental, familial), personnel (trouver une ou des activités plaisantes), professionnel, ou même narcissique. Ça peut être plusieurs de ces secteurs, voire, l’ensemble. C’est à partir de là que les signes qui ne trompent pas peuvent être repérés – ils nécessitent néanmoins une assez longue période d’observation, si possible sans condamnation pour voyeurisme ou autre truc du même genre. Le caractère obsessionnel apparaîtra en constatant les centres d’intérêt limités de la donzelle : à vrai dire, ces centres d’intérêt en faible nombres sont autant de tropismes obsessionnels vers la perfection qu’elle recherche – sans le moindre questionnement sur la légitimité ou la faisabilité de la démarche. C’est comme ça et pas autrement ! Si, par exemple, elle aspire à une vie domestique et sentimentale parfaite, toute son énergie sera consacrée à ces sujets : comment y parvenir, quelles sont les meilleures modalités et circonstances, recherche du partenaire qui saura favoriser cet accomplissement. Fonctionnant de manière binaire (l’enjeu est trop important pour qu’elle se laisse aller à des compromis), avec elle, ça passe ou ça casse. Ses jugements en la matière se signalent donc par leur aspect tranchant, sans nuance. Sur tous les autres sujets, ses jugements se signaleront surtout par une indifférence marquée. Bref, en dehors du design et du style de la maison, de la cuisine équipée en pin de Norvège, du nombre d’enfants, du monospace pour accueillir tout ce monde et du labrador (pour reprendre l’exemple précédent), rien ne l’intéressera.

Utilité et perspectives

Selon le caractère obsessionnel de la donzelle, vous pourrez être reconnu comme compatible ou potentiellement compatible avec son rêve de perfection. Cela pourra être thématique (l’amant rêvé, le père pour ses enfants présents – le géniteur s’étant fait la malle bien plus tôt – , le pourvoyeur de moyens financiers ou de statut social) ou global. Tout dépend de la capacité qu’elle percevra chez vous à assumer le rôle qu’elle veut vous faire endosser. Si vous correspondez réellement à ses attentes, elle vous laissera donc peut-être entrer dans sa vie, mais n’oubliez pas que, en dehors du rôle qu’elle vous aura assigné, elle ne vous reconnaîtra pas d’existence individuelle : si vous êtes l’amant, elle ne vous laissera pas faire les courses, organiser des activités. Au mieux, si vous êtes plus costaud, vous vous taperez le bricolage ou le port de charges lourdes. Cela ne l’empêchera pas de vous imposer le partage des tâches lorsqu’elle en aura marre ou sera fatiguée de tout assumer elle-même. Ne vous avisez pas de lui faire remarquer que c’est elle qui, de son propre chef, accapare toutes les tâches, y compris les plus intéressantes. Son prince charmant ne dit pas ça !

Tout ça pour quoi, alors ? Hé bien, en dehors du cas où l’obsessionnelle en quête de perfection cherche un amant parfait, que ce soit au plan sexuel ou sentimental, tout ce que vous ferez, serez, ou aspirerez à être ou à faire, pour vous ou pour elle, ne rencontrera, au mieux, qu’une indifférence blessante. Si, de surcroît, vous vous enferrez dans cette relation alors que, franchement, y a pas moyen (très forte probabilité), mettons, par exemple, si vous êtes tombé amoureux, elle risque de vous en faire voir de toutes les couleurs, si elle ne vous vire pas. En effet, complètement enferré dans sa quête chimérique, et se calant uniquement sur ses propres cognitions, elle s’efforcera de vous faire rentrer dans le moule. Oui, au masculin, bande de cochons. Ce sera donc une affreuse entreprise de destruction qui se soldera par la disparition irrémédiable de votre estime pour vous-mêmes, ou une rupture scellant une perte de temps effroyable.

Conclusion

A moins d’avoir une âme de samaritain et de vous fixer pour mission d’essayer de sortir la dame de son univers super-calibré qui n’a pas dû évoluer depuis ses huit ans environ, vous n’avez rien à faire à traîner vos guêtres dans ce genre de personne relation. Les efforts qu’il vous faudra déployer pour savoir si c’est possible, comment, et les frustrations que ne manqueront pas de vous apporter une telle relation tronquée ne valent même pas le plaisir que vous en retirerez – sauf PQPMR (Plan Q Plus ou Moins Régulier). Et encore. Renseignez-vous plutôt sur la célibataire du troisième, celle qui paye pas de mine.

Typologie des femmes 3: l’allumeuse qui n’assume pas

L’allumeuse qui n’assume pas

Parfois confondue avec l’hyperactive qui fuit, l’allumeuse qui n’assume pas en est pourtant distincte. Sa dangerosité est moindre, car elle est moins trompeuse. Elle représente néanmoins pour les pauvres êtres de chair (faible) que nous sommes – a fortiori inexpérimentés – une tentation à laquelle il convient de ne pas céder avec déraison.

Caractérisation et analyse

Le caractère d’allumeuse n’est pas bien difficile à déterminer, même sans en avoir côtoyé de très près. C’est une espèce répandue, surtout dans une tranche 15-25 ans, mais ça peut se prolonger au-delà. Globalement, l’allumeuse est incapable d’envisager les rapports à l’autre sexe – parfois les deux pour les plus délurées – sous un angle autre que la séduction. C’est d’ailleurs souvent un rapport monovalent : elle sera volontiers tout décolleté et mini jupe dehors avec vous, mais sera bien refroidie lorsque vous lui sortirez votre numéro de séducteur du Grand Bassin. En gros, « laissez-moi vous draguer, mais, surtout, ne me draguez pas ! » Ce n’est pas encore la composante in-assumée qui s’exprime, c’est simplement qu’elle ne conçoit le rapport de séduction que d’elle à autrui et pas l’inverse. La séduction étant une dynamique sociale, l’allumeuse qui n’assume pas a donc des allures mondaines très marquées, et s’entoure majoritairement d’hommes avec qui elle peut jouer. Les femmes qui la côtoient répondent à une fonction précise : faire-valoir, souffre-douleur (« T’as vu ? Il s’intéresse à moi, pas à un boudin comme toi ! »), voire d’auxiliaire (pour chauffer les hommes en mimant des attouchements lesbiens, par exemple). Mais, ces relations sont toujours enveloppés d’une séduction. Synthétiquement, ce sera la femme qui, court-vêtue (bien que pas forcément la mieux faite physiquement dans l’assistance), sera environnée d’un nuage d’homme tous en ithyphalles extraordinaires, mais qui n’accordera aucune importance pas plus d’importance à l’un d’entre eux qu’aux autres.

Pour ce qui est de ne pas assumer, tout simplement, c’est qu’elle finit par craindre ou regretter ses conclusions. Vous avez couché, ça s’est pas trop mal passé, et, pourtant, à partir du lendemain, elle ne vous recontacte plus et vous fait la gueule ? Vous êtes tombé sur une allumeuse qui n’assume pas. Cela se repère à un paradoxe discret dans son attitude : elle aime raconter sa vie sentimentale, et surtout sexuelle – ou, plutôt, les déballer – en racontant par le menu la liste de ses amants présents et passés et ce qu’ils lui font de plaisant, allant même jusqu’à ne pas démentir des liaisons dont elle ne s’est pas vantée, voire, s’inventant des liaisons tout-à-fait imaginaires auxquelles personnes ne croit ; mais elle ne démentira pas non plus le bruit qui court que telle ou telle liaison hautement improbable est quasi-impossible et n’a certainement pas eu lieu. Elle laisse ainsi se construire autour d’elle une réputation ambiguë : d’un côté, c’est une dévoreuse d’hommes, mais, de l’autre, elle en parle plus qu’elle n’en fait, donc, elle n’est « pas si salope que ça ». Tout cela est, évidemment, une question de narcissisme et d’estime de soi.

Utilité et perspectives

Honnêtement, entre nous ? Pas grand-chose. À la rigueur, comme rite initiatique, histoire de dire que « on a fait comme les potes ». C’est mieux que le jeu de la biscotte, faut bien le reconnaître, même si, comme elle n’assume pas, sous la couette, vous risquez d’être méchamment déçu : en effet, elle ne se laissera pas aller outre mesure aux jeux raffinés de l’érotisme, soit par peur du qu’en-dira-t-on, soit par dégoût sincère. Le plus bénéfique qui puisse sortir de tout ça, c’est que, si ça s’est bien passé entre vous, elle pourra vous faire une réputation d’amant plutôt flatteuse – même si largement au-dessus de ce qui s’est passé lorsque vous lui avez fait sa fête.

Conclusion

L’allumeuse qui n’assume pas plaçant vie sentimentale et sexuelle à un plan plutôt social qu’intime, avec toutes limitations et tous les dévoiements qui vont avec, tout rapport avec elle est voué à être foireux à terme. Et à terme plutôt court, faut pas se mentir. Donc, sauf à espérer valoriser ça comme un point sur votre tableau de chasse, ou à obtenir une réputation – à la crédibilité toute relative – d’amant du siècle mois, passez votre chemin. Allez voir plutôt sur youporn.

Typologie des femmes 1: l’hyperactive qui fuit

TYPOLOGIE DES FEMMES

à l’usage des dragueurs

Cette typologie est le fruit de longues années d’observation passées dans la savane à la proximité immédiate de nombreuses femelles homo sapiens. En particulier, de celles à qui j’ai pu envisager un coït voire plus si affinités. L’idée est surtout d’éviter certains écueils dans lesquels j’ai pu tomber moi-même. N’est-ce pas chic de la part de votre serviteur ? De rien, c’est normal.

L’hyperactive qui fuit

Pourquoi commencer par celle-là ? Bah, c’est la première qui m’est passée par la tête, mais peut-être, aussi, est-elle à la fois répandue et la plus dangereuse parmi les pièges que la quête d’une partenaire peut compter.

Caractérisation et analyse

L’hyperactive qui fuit est une femme qui se fuit elle-même avant tout. Qu’elle se déteste ou qu’elle refuse simplement de se retrouver seule avec elle-même, elle déborde d’énergie pour multiplier les activités et les contacts afin d’échapper à ce qu’elle est ou ce qu’elle soupçonne d’elle-même. Elle est ainsi avenante, souriante, brille en société, peut être de compagnie agréable pour sortir le soir – et vous coûtera moins cher qu’une Ferrari. C’est l’avantage par rapport à la pétasse standard. Souvent, elle dispose d’un réseau amical et/ou professionnel étendu : chaque personne nouvelle dans sa vie est la perspective de nouvelles activités pour combler les temps morts de son existence. Elle peut donc s’emballer pour son job s’il lui plaît (et même s’il ne lui plaît pas, elle pourra tenter de se convaincre du contraire), ses hobbies, et n’importe quelle relation dont elle s’estime proche un minimum. On la rencontre donc assez souvent dans des secteurs impliquant de s’investir pour autrui : les médias, la prostitution, les ressources humaines, et le social, voire l’humanitaire. De même, elle nourrit souvent un goût immodéré pour l’aventure sous diverses formes : improvisation totale, voyages (parfois, les deux combinés, on sous-estime trop souvent le charme d’un voyage sans la moindre préparation à l’autre bout de l’Europe avec sa bite et son couteau), diversification des expériences (ce qui peut être un point positif s’agissant du plan sexuel), accumulation de réalisations, parfois dérisoires.

L’important est moins l’orientation des choix qui sont faits que le systématisme du choix de l’action par rapport à l’oisiveté inaction. Tout est bon pour ne pas succomber à ces instants angoissants où elle peut être amenée à se regarder dans la glace, et porter sur elle un jugement sévère – qui va bien plus loin que « chuis trop grosse » ou « cette jupe était déjà plus à la mode l’an dernier ». Elle préférera donc se faire chier en compagnie de demi-inconnus avec qui elle ne partage pas grand chose plutôt que de se poser tranquillement chez elle. Elle ne conçoit pas un samedi soir à domicile, sauf entourée, et ce recours systématique aux distractions la caractérise fortement : au final, ses relations sont au mieux utilitaires, au pire, complètement creuses. Quant à ses activités, auxquelles elle peut réellement prendre plaisir, elles ne les décrit que très rarement par ce qu’elle lui apportent – apprenez à repérer la prédominance des mentions des autres (« Gilles, le gros con de la logistique », « une vieille dame adorable du souk de Marrakech » etc) sur les mentions qu’elle fait d’elle-même, ou bien les descriptions pures sans véritable affect. On rapporte que certains cas extrêmes, avides de voyages et d’exotisme, infligent des séances diapos de leur croisière sur le Nil ou de leur trek au cœur de l’Amazonie.

Tel est le grand paradoxe de l’hyperactive qui fuit : elle met tant d’énergie à se refouler, se forclore, même, qu’elle devient, au final, le centre unique de sa propre existence. Mais, en creux.

Utilité et perspectives

Souvent, son côté bigger than life peut impressionner. Entre le côté potentiellement chaotique en surface mais assurément ordonné sur le fond de son existence, et le fait qu’elle le teste presque inconsciemment pour voir s’il colle au rôle qu’elle veut lui assigner, le candidat (NDA : vous, quoi) peut se retrouver désarçonné. Si vous êtes d’un naturel anxieux ou nerveux, vous risquez ainsi de vous retrouver tout de tics et de TOCs, et elle ne manquera pas de le remarquer. Si jamais elle vous fait part de son incompréhension à ce sujet, fuyez : elle manque tellement de recul sur elle-même qu’elle est incapable d’envisager un autre fonctionnement que le sien, et il y a fort à parier qu’elle n’est pas en contact avec la réalité. Ça se finira en engueulade sur les gradins du Parc des Princes où elle vous reprochera de faire la gueule alors qu’elle pensait vous faire plaisir, après que vous ayez martelé pendant des jours votre dédain pour ce sport et pour ses pratiquants.

Quoiqu’il en soit, ne croyez pas que, parce que vous êtes devenu son petit ami/chauffe-lit/accessoire automne-hiver, elle va vous accorder la place dont vous avez envie ou que vous pensez mériter. La place qu’elle vous réserve a été tracée bien en amont, en fonction de ses impératifs à elle, entre la nécessité d’être reconnue comme directrice d’agence du mois ou copine la plus fun, l’organisation de l’anniversaire d’une amie, les travaux dans sa salle de bains et son voyage improvisé à Madrid avec son meilleur ami gay qu’elle a envie de se taper depuis des lustres. S’agissant donc d’une relation, misez sur la légèreté, voyez ça comme une sorte de mondanité with benefits. Notez cependant que la plupart ne toléreront pas que, pendant qu’elles fument des pétards dans un squat à Berlin sans vous donner de nouvelles, vous laissiez traîner votre petit soldats dans des territoires moins dangereux. S’il s’agit de sexe et seulement de sexe – surtout s’il n’y a pas de clause de non-concurrence – ça peut être tout bénef’ : l’hyperactive qui fuit comptera sur vous pour remplir son seulement ses cavités naturelles, mais tout simplement ses nuits. Elle se montrera donc volontiers demandeuse, voire, aventureuse. Si vous la sentez open, proposez-lui des trucs bizarres et salaces qui vous la collent au ventre : elle sera peut-être intéressée. Il y a parfois des surprises.

Conclusion

La dangerosité de l’hyperactive qui fuit tient tout d’abord à son apparence d’équilibre, avec une vie bien remplie, entourée d’amis plus ou moins proches, avec tout le temps un projet sur le feu. Je reconnais qu’il y a matière à être emballé. Seulement, voilà, le risque que, si vous la serrez, toute la suite ne soit qu’un gros malentendu ne peut que m’inciter à vous recommander la plus grande prudence : ne vous y risquez pas si vous vous sentez déprimé, faible, vulnérable. Des périodes critiques dans l’année rendent l’exercice encore plus périlleux : partiels, bilans comptables, rentrées sociales des classes… Enfermée dans un monde fantasmatique (dans lequel le modèle standard prédit des licornes et des poneys arc-en-ciel), elle vous enfermera à votre tour dans la fiction qu’elle aura décrété être vous, jusqu’à ce que vous en ayez marre, et l’envoyez bouler. Si vous avez de la chance, elle aura tourné la page avant que vous n’ayez franchi les marches du perron. Si vous n’en avez pas…

hé bien, je vous souhaite d’avoir des amis qui prennent des nouvelles de vous régulièrement. Être attaché à un lit, seul dans une chambre obscure et froide, ce n’est pas agréable.

Le démon habite en face (2010)

Trois semaines.

Trois semaines qu’elle est arrivée.

Trois semaines d’enfer sans répit. Je suis dans mon salon, les volets tirés, et je me demande ce que je vais bien pouvoir faire. Tant qu’elle pense que je dors, tout va bien, elle ne tentera rien. Mais que faire ? Même pas une arme sous la main…

Quoique.

De toutes façons, une arme classique sera-t-elle de la moindre utilité ? Cette vacherie doit être immunisée contre l’eau bénite, en plus. Et puis, et puis…peut-être qu’elle n’est pas chrétienne, alors du coup, tout ça, elle s’en fout ! Sa porte d’entrée claque. Elle s’en va au travail. Bien, je vais pouvoir y aller. Douche rapide, et je fonce vers le métro, un croissant dans la bouche.

Je ne sais quoi penser.

Sa longue chevelure noire est un piège, un piège mortel, c’est évident. Bien évidemment, elle a su me prendre à mes propres faiblesses. Elle rayonne dans le rouge. Pour m’exciter et me paralyser, tout à la fois.

La journée s’écoule comme un programme télévisé régional sur la production de chaises en paille de bambou camarguais ; ça avance mine de rien, sans qu’on y prête attention.

Son image m’obsède.

La tête rejetée en arrière, les jambes écartées, elle expose son impudeur ruisselante. Ses doigts s’amusent avec la promesse poisseuse qu’elle a tacitement formulée. Que m’est-il arrivé ? Comment ai-je fini de cette façon ? Le bruit de son souffle haché résonne dans mes oreilles, au milieu des bruits de clavier des opératrices de saisie. Suzy, à l’évidence, se demande ce que j’ai dans la tête. Non, tiens-toi à l’écart de tout ça, jolie petite. C’est une affaire assez glauque, et ton décolleté à peine sorti de l’adolescence n’y changera rien. L’espace d’un instant, je crois reconnaître son parfum au milieu des odeurs de transpiration, d’eau de toilette bon marché et de café. Merde. Les liasses arrivent. Dispatcher le travail, et vite. Je dois ressembler à un zombie.

Comme lorsque j’ai plongé entre ses jambes, sans vraiment y penser, ni comprendre ce que j’étais en train de faire.

L’heure de la sortie, moment célébré, comme à l’école. Putain, c’est pas dommage. Sur le clavier de Suzy, son gobelet de café, taché de rouge à lèvres.

Comme le verre de jack que je lui avais servi, à elle. La voisine.

Je l’ai gardé tel quel, des jours durant. Le voir, le toucher me procurait des sensations que je n’avais jamais connues auparavant. Quelle horreur. Si elle a ce pouvoir, combien d’autres en a-t-elle ? En rentrant, je fais un crochet par Saint Michel. Je vais me chercher de la documentation. Démons, démonologie. Rituels de protection, magie blanche.

Une semaine pleine de salaire claquée en bouquins. Tant pis, l’enjeu est trop monstrueux. Une fois rentré chez moi, je m’efforcerai de dissimuler mes achats. Pas question qu’elle soupçonne quoi que ce soit si nous nous croisons dans l’escalier. C’est jouable, elle ne rentre pas avant un moment, en général, j’entends toujours sa porte lorsque je suis en train de me préparer à manger.

Comme par hasard !

Un incident sur la ligne interrompt entièrement le trafic. Pas besoin de chercher bien loin la responsable de tout ça. Qui me dit qu’il y a vraiment un type qui s’est jeté sous les roues du métro ? D’ailleurs, qui de sensé le ferait ? Chaque fois qu’un incident de ce type arrive, c’est forcément elle. Qui d’autre ? Elle doit utiliser les mêmes recettes, chaque fois qu’elle change de proie.

Pourquoi moi ?

Je sors du métro, le nez empli de ses effluves. Je suis comme ivre, et marche vers chez moi sans y penser. Les quais de la Mégisserie seraient vides, que ce serait la même chose. Tout mon corps ses souvient, du bout de mes doigts à la pointe de ma langue.

Rayonnement rouge, chaleur.

Ses yeux inquiétants à la fin des hostilités, comme le méchant au cinéma qui triomphe. Son sourire a dévoilé des dents trop parfaites.

Tout était de toutes façons bien trop parfait. Les démons sont là pour nous tourmenter, c’est bien connu. Mais pourquoi moi ? Pourquoi ce choix ?

Pourquoi prendre l’apparence d’une si belle femme ?

Arrivé en bas de chez moi, je ne vois nulle part sa voiture. Parfait. Elle est sans doute encore au travail. Ou pas. C’est vrai. Pourquoi travaillerait-elle ? Ce n’est forcément qu’une couverture ! Si ça se trouve, elle se gare quelque part, plus loin, et attend de me voir passer pour aviser. Ou bien elle se dématérialise. Sans doute connaît-elle déjà les moindres recoins de mon appartement.

Je monte les escaliers le plus normalement possible, saluant le plus naturellement du monde le couple de petits vieux du deuxième. Qui sait s’ils ne sont pas de mèche ? Arrivé devant ma porte, une inquiétude m’étreint. Un malaise quasiment tangible. La sensation d’être observé. Depuis chez elle, sa porte étant juste en face de la mienne. Une sorte de picotement sur la nuque. Mais à mesure que j’approche ma clé de la serrure, sa présence devient de plus en plus prégnante.

Elle est là. Peut-être à deux mètres derrière la porte.

Elle me voit peut-être à travers le judas.

Je pousse la porte. Il fait sombre, mais a-t-elle besoin de lumière ? Son domaine, c’est les ténèbres ! Je hume, mais rien. Pas de trace de son parfum, ou de son shampoing. Rien. Elle a effacé toutes ses traces. Je rentre promptement chez moi, ferme verrou et serrure.

Je pose mes livres sur le meuble à chaussures, et commence à investiguer méthodiquement mon appartement, à la recherche d’une anomalie.

Rien. Enfin, rien de frappant. Impossible de me souvenir d’une telle multitude de détails. Rien à part quelque chose d’extrêmement curieux. Les couverts. Parmi les couverts que j’ai laissés à sécher, un couteau traîne au milieu des fourchettes. Putain, pourquoi elle a fait ça ? Inattention ? Non, il y a forcément un message. Qu’a-t-elle voulu me dire ?

Un grand BLANG dans l’entrée me tire de mes réflexions. Je me précipite. Les livres sont tombés. Je me précipite au judas : rien. Le pallier est calme. Comme si elle n’était pas là. Mais c’est faux. Je la sens, grinçante et ironique.

Les livres.

Il faut que je les lise. Décortiquer tout ça, trouver une parade. Car il y a forcément une parade.

Difficile de se concentrer, depuis combien de temps n’ai-je pas dormi ? Deux jours ? Trois ? Une semaine ? Non, impossible. On devient fou bien avant. Je file un instant dans ma salle de bains pour m’asperger la figure, et je me fais peur en relevant les yeux. Ce zombie pâle et hagard, c’est moi. J’ai la tremblote. Comme quand…

Ho putain, comment est-ce que ça a pu arriver ? Elle a réussi à m’attirer en son sein, c’était bon, meilleur que ce que j’ai pu connaître à présent. Je tremblais comme ça, voire plus encore, alors que je la pénétrais.

Oublie ça, bon sang, oublie.

Je me replonge dans ma lecture, dans le salon. Café noir, tenir encore.

Difficile de comprendre une phrase en entier sans être obligé de la relire plusieurs fois. Les démons ont pour principale vocation de tourmenter les mortels, en se jouant de leurs faiblesses : cupidité, orgueil, luxure, les sept péchés capitaux sont méthodiquement passés en revue. Ils peuvent prendre les formes qu’ils souhaitent, de la plus abjecte à la plus séduisante. Ses jambes autour de ma taille, ses gémissements qui montent. Les succubes sont des démons femelles qui prennent habituellement la forme d’une femme désirable. Sans blague ? S’ensuit toute la description de divers rituels magiques, dont aucun ne peut être réalisé avec les moyens dont je dispose. Sa bouche m’avale en entier, sa langue menant une chorégraphie incroyable autour de mon sexe. Encore et encore, plus vite, plus intensément. Il est possible de se préserver de l’influence d’un démon de ce genre en traçant divers symboles sur les murs de chaque pièce de sa maison. J’observe les motifs.

Un gros marqueur rouge. Celui de la réunion. Il marchera, sur le papier peint. Les motifs sont complexes, entremêlant courbes et circonvolutions. Ses longues jambes gainées de bas paressent sur mon canapé. Elle me regarde avec avidité. Sa robe rouge souligne sa silhouette infernale. Sa bouche s’entrouvre, pleine de promesses. La cuisine, la chambre, la salle de bains, les toilettes, le salon.

Bientôt huit heures.

Je range le marqueur dans un tiroir lorsque j’entends un claquement sinistre.

Sa porte.

Elle est donc rentrée.

Ou plutôt, elle fait mine de. Sans doute a-t-elle observé mon manège, ou bien a-t-elle essayé de se matérialiser chez moi, et bat en retraite devant les symboles tracés.

Je me verse un fond de whisky, et m’affale dans mon canapé. Voilà un répit bienvenu. Cependant, la question de fond n’est pas réglée. Dehors, je ne suis pas en sécurité. Je sursaute en entendant sa voix lancer un « Prends-moi. » trop mal assuré pour être honnête. Je me retourne vers la porte de la chambre. Elle se tient debout, simplement revêtue de sa chemise. Son regard est vide, vide comme celui d’une morte. Mon sang ne fait qu’un tour : comment est-elle arrivée là ? Je cligne des yeux : plus là. Comme par hasard.

Elle ne peut pas m’atteindre directement, alors elle tente de m’embrouiller. Ses pouvoirs sont grands. C’est sur, j’ai affaire à une succube.

Je poursuis ma lecture, en essayant de trouver une solution. Il doit bien exister des sortes de rituels d’exorcisme, non ? Elle tend sa croupe vers moi, et vient s’offrir en holocauste sur mon sexe. Sa chaleur humide semble infinie, une autre dimension de douceur. Dans le tas, un petit format poche sans illustration semble se distinguer. Pas d’illustrations. L’auteur est un universitaire réputé, apparemment. Je sais que j’ai croisé son nom à plusieurs reprises. Mes mains se posent sur ses hanches, je deviens son chevalier, son conquérant. Jamais ce clapotis ne m’a paru si excitant. Le livre parle d’un rituel qui s’articule autour de l’immersion dans de l’eau salée. Ça semble commun à la plupart des religions. Pas besoin de grandes quantités. Je me précipite dans la cuisine : j’y ai un plein bocal de gros sel. Ça vaut le coup d’essayer.

Il faut réussir simplement à l’attirer dans la salle de bains.

Ou bien l’y emmener.

La salle de bains. Remplir la baignoire. Vite. De l’eau froide, ça coûte moins cher. J’y vide le bocal. Ça se mélangera pendant que la baignoire se remplit. Ma langue explore son sexe, et je contemple son mont de Vénus impeccablement épilé. Je sens ses cuisses trembler autour de mon cou. Elle en redemande.

Comment s’assurer qu’elle viendra dans la salle de bains ? Elle n’a aucune raison d’accepter ? Et puis elle se méfiera sûrement, en voyant la baignoire remplie…

Il faudra que je l’immobilise. En fouillant dans mon bureau, je retrouve un rouleau presque neuf de ruban adhésif, oublié là depuis mon emménagement. Je lui attacherai les poignets et les chevilles, et ce sera marre. Elle n’est pas bien grosse, je pourrai sans difficulté la traîner jusqu’à la salle de bains. La sueur lui colle quelques cheveux sur le visage. Elle est essoufflée. Pourtant, elle en redemande, par derrière, par devant, puis à nouveau par derrière. Déjà, sa bouche n’a plus de secrets pour moi.

Mon plan est fin prêt. Je me regarde dans la glace. Un brin de toilette, pour la galerie. Pour passer pour le gentil voisin qui espère la sauter. Je rince mon verre, en sors un deuxième. Un apéro, voilà un motif incroyablement banal. Comment m’assurer qu’elle viendra ? A vrai dire, j’espère qu’elle le prendra comme étant la porte ouverte à une partie de jambes en l’air. Et là, elle acceptera forcément.

Je vais à sa porte. Sonnette.

Tiens ? Elle n’est pas en rouge. Elle semble moins sexy, comme ça, après sa journée de travail. Mais finalement, diablement plus attirante. Je lui propose l’apéro. Ses joues s’empourprent un instant, et ses pupilles se dilatent. Elle a compris le message que je souhaitais, c’est plus qu’évident. Avec plaisir, lance-t-elle avec un petit sourire à la gêne millimétrée.

Elle me suit, savourant sans aucun doute son triomphe à venir. Ou en tout cas espéré.

Alors que je verse du jack dans nos verres, elle me questionne sur les signes tracés sur les murs. Merde, les dessins !

Trouver quelque chose, vite !

Elle s’étale lourdement par terre une lorsque je lui brise la bouteille de whisky sur le côté de la boîte crânienne. Elle lutte, ça se voit : sa jambe droite tremble continuellement alors que je lui retire ses vêtements. Elle doit chercher à reprendre conscience. Je remarque qu’elle dégage une odeur d’après le boulot, mélange de sueur, de déodorant en bout de course et de tabac froid. L’espace d’un instant, la vision de son corps nu me paralyse.

Du bout des doigts, je fais crisser sa repousse légère. Elle n’a pas pris soin d’elle, pas bien, ça. Je lèche sa peau salée en songeant que j’ai triomphé de cette salope. Si facilement. Cette idée de l’avoir à ma merci, rien que pour moi, m’excite. Je me débarrasse rapidement de mon pantalon et de mon caleçon, et la pénètre en vitesse, sauvagement. Elle à moi, et à personne d’autre. Coups de reins acharnés.

En sueur, je roule à côté d’elle après avoir joui et répandu mon sperme sur son visage. Sa jambe tremble encore. Ma main touche quelque chose de glissant et froid. Du sang. Qui s’écoule de sa tête. Tu essaies de me faire culpabiliser, salope ? Je me relève, et l’entraîne dans la baignoire.

C’est plus difficile que je ne l’aurais cru, mais j’y parviens, au bout d’une bonne dizaine de minutes. Je n’avais pas calculé que la plonger dans la baignoire ferait autant monter le niveau. J’en mets partout.

L’eau se teinte de rose au dessus de sa tête. Elle s’agit un moment. Je me dis que j’aurais quand même mieux fait de lui attacher ne serait-ce que les mains. Bah, elle n’a pas l’air bien vivace. Je la maintiens sous l’eau sans grand effort. En quelques instants, c’est terminé.

Je la contemple encore un moment, puis la sors et l’essuie avec ma grande serviette. Je m’extasie encore une fois sur elle, puis la transporte dans le salon, où je l’allonge délicatement sur le canapé, sous une couverture, pour qu’elle n’attrape pas froid. Sa blessure ne saigne plus. Sa jambe a cessé de trembler. Qu’est-il censé se passer, ensuite ? Je n’en ai pas la moindre idée, à vrai dire. Je suppose qu’elle va se relever, libérée de l’influence du démon.

Cela s’est passé il y a maintenant trois jours.

Je ne suis pas allé travailler. Elle non plus.

Dans nos appartements, le téléphone sonne en continu.

Elle n’a toujours pas bougé. En plus, elle commence à sentir bizarre.

Le 07/04/2010 à 8h47